La VAE à l’université, étape par étape

Comment obtenir un diplôme par la VAE à l’université ? Quelles sont les différentes pratiques ? À qui s’adresser ? Le détail des démarches à respecter à partir de notre enquête exclusive auprès de soixante-huit établissements du supérieur (1).

Premier repérage en ligne

Vous avez identifié les diplômes universitaires pouvant vous correspondre ? Pour aller plus loin, rendez-vous sur les sites web des universités. La plupart des établissements possèdent un site dédié à la VAE qui vous permettra d’en savoir plus sur les formations, mais aussi de connaître, voire d’initier vos démarches : téléchargement et saisie du pré-dossier, inscriptions aux réunions…
Certains vont plus loin, ainsi les universités de Picardie, Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et Toulouse, qui ont conçu le site « V@sup ». Ce dernier invite à tester en ligne son éligibilité (les conditions pour prétendre à une VAE) et surtout à s’orienter en comparant ses acquis au diplôme convoité, traduit en compétences professionnelles.

Premier contact sur place

Il vous faut ensuite contacter l’établissement. Les candidats sont généralement conviés à une réunion d’information collective, mais cette dernière ne suffit pas toujours à définir précisément son projet. À Limoges, les démarches débutent par un entretien individuel au SUIO (Service universitaire d’information et d’orientation), le plus apte à informer sur l’offre de formation.
Ces premièrs échanges sont indispensables pour gagner du temps et éventuellement changer son fusil d’épaule. « Parmi ceux qui nous contactent, un sur dix environ va finalement jusqu’au bout, estime Élisabeth Schindler, responsable VAE à Paris 12. Les autres se tournent vers une autre voie ou abandonnent devant la lourdeur de la tâche. »

Pré-dossier et présélection

Vient ensuite la constitution du pré-dossier, qui permet de juger de la faisabilité du projet. Selon Béatrice de la Faye, conseillère VAE à Cergy Pontoise, « une partie non négligeable du travail se fait à ce moment-là, car les enseignants doivent avoir des billes pour encourager ou non le candidat à poursuivre. »
L’accompagnement se révèle aussi souvent indispensable. « Nous aidons les candidats à rédiger et relisons leur dossier », poursuit Béatrice de la Faye.
Comme elle, la moitié des universités déclare procéder à au moins un entretien avec le candidat dès cette étape, tandis que d’autres regrettent de manquer de moyens pour les recevoir tous.
La « présélection » est un avis consultatif (le candidat n’est pas obligé de le suivre) généralement délivré par les conseillers et les enseignants. Elle analyse en premier lieu l’adéquation entre le parcours et le diplôme visé, critère cité par la quasi-totalité des universités. Viennent ensuite la qualité du projet personnel et la motivation du candidat. D’où l’importance de détailler toute activité extra-professionnelle intéressante. Nicole Malhomme, du SUIO de Limoges, donne ainsi l’exemple d’une personne sans le bac, jouant un rôle essentiel dans une association environnementale. Ses activités d’animation d’ateliers et d’encadrement de stagiaires diplômés ont convaincu l’université de lui accorder une licence pro en environnement.

Rédaction du dossier

Le cap de la présélection franchi, le candidat s’attèle à la description détaillée de son parcours et ses acquis, un travail de longue haleine puisque la majorité des universités estiment le temps nécessaire entre six à douze mois.
À ce stade, tous les établissements proposent un accompagnement, en général facultatif, une vingtaine l’ayant cependant inclus d’office dans leur offre. À Paris 12 par exemple, l’accompagnement est structuré en deux temps : 1/ Un atelier de méthodologie de dix personnes maximum. Assuré par une enseignante en lettres animatrice d’ateliers d’écriture, il aide les candidats à formaliser et décrire leur expérience, et à préparer l’entretien avec le jury. 2/ Un accompagnement pédagogique constitué d’un entretien avec l’enseignant responsable de la formation, suivi d’autant d’entretiens que nécessaire avec les conseillers VAE.
L’accompagnement ayant toujours un coût (à partir de 100 €, mais plus souvent autour de 500 à 600 €), soyez attentif à sa qualité. Pouvez-vous solliciter un rendez-vous dès que le besoin se fait sentir ? Se fait-il en face à face ? Béatrice de la Faye juge essentiel de ne pas se limiter aux échanges par e-mail, aussi pratiques soient-ils. « Il est important de recevoir les candidats, c’est ainsi que l’on prend la mesure de leur projet et des difficultés possibles », affirme-t-elle.
La forme du dossier diffère selon les établissements. Plus des deux tiers ont conçu un document très détaillé et structuré, où l’on « remplit des cases ». Au contraire, une quinzaine d’autres ont opté pour un dossier ouvert. « Plus personnel et créatif, il renseigne mieux le jury sur le candidat », argumente Brigitte Blondy, responsable du service de la formation permanente de Limoges.

Soutenance et verdict

Le dossier bouclé, le candidat défend son projet lors d’une soutenance orale. Quand un dossier ne passe pas cette dernière étape, le manque d’adéquation entre le parcours et le diplôme visé reste le principal écueil (dans six cas sur dix). Le niveau du candidat est lui aussi fréquemment en cause. « Ce n’est pas parce que vous gérez la paie de cinquante personnes que vous pouvez demander la validation d’un master en ressources humaines », illustre Nicole Malhomme. D’autres responsables VAE rappellent que l’expérience minimum requise (trois ans) est bien courte pour décrocher un diplôme.
Néanmoins, les dossiers refusés à cette étape demeurent minoritaires, les universités cherchant, on l’a vu, à trier les candidatures en amont. « Ceux qui passent l’étape du pré-dossier ont toutes leurs chances », affirme Béatrice de la Faye. Tous les espoirs sont donc permis.

(1) L’enquête a été réalisée par le service documentation de Génération formation, par l’envoi d’un questionnaire à l’ensemble des services de formation continue ou des cellules VAE des universités, entre mai et juillet 2005. Sur 96 établissements contactés, 68 ont bien voulu nous communiquer les informations sur leurs pratiques en matière de VAE.

Des tarifs qui jouent au grand écart
C’est incontestable, les tarifs de la VAE demeurent des plus contrastés. Si les frais de dossier ne représentent que quelques dizaines d’euros, les frais d’accompagnement et de jury se chiffrent généralement en centaines d’euros. L’ensemble va de 200 à 1 200 €, avec des réductions importantes (de 50 %, voire plus) pour les individuels ou les demandeurs d’emploi.
 

Nathalie Ryser

Janvier 2006

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