Le bilan de compétences véhicule nombre d’idées reçues qu’il est important de dépasser. Patrick Bazzurri, président de la chambre syndicale des centres de bilans de compétences, revient sur les préjugés les plus courants et resitue le cadre et les limites de la prestation.
« Il y a souvent des attentes fortes au sujet de l’expertise du conseiller du bilan. Certains bénéficiaires attendent ainsi qu’il leur dise pour quel métier ils sont fait. Or, notre rôle est d’accompagner la personne dans sa réflexion professionnelle, pas de décider à sa place ! J’ai souvent l’habitude de dire que le salarié a la réponse au fond de lui. Car, en réalité, c’est lui-même, en identifiant mieux ses compétences et ses motivations, qui élaborera de nouvelles pistes professionnelles. Notre rôle dans ce travail, c’est de l’aider à se poser les bonnes questions. Mais finalement, les choix qu’il fera pour arrêter son projet lui appartiennent. »
Attention au mythe de la reconversion
« Derrière une demande de bilan, il y a souvent le souhait de retrouver du sens à sa vie professionnelle, d’exercer un métier plus en phase avec ses aspirations. C’est bien l’objectif du bilan. Toutefois, cela ne rime pas toujours avec un changement radical ! Il arrive qu’il y ait des projets de reconversion vers un autre métier, mais ce ne sont pas les cas les plus fréquents. Un bilan peut également se solder par le projet de changer d’entreprise ou d’élargir ses activités. Mais la personne peut aussi finalement prendre conscience qu’elle n’est pas si mal que ça à son poste ! Ce n’est pas pour autant qu’un bilan sera raté. Car l’avantage, c’est qu’elle aura identifié les raisons qui la conduisent à rester dans son emploi. Et surtout, son regard sur son métier et sa relation au travail aura changé, grâce à une meilleure perception de ses compétences, de ses aptitudes et de son mode de fonctionnement. Cela peut parfois suffire à débloquer certaines situations de malaise professionnel. »
Lydie Colders
Mars 2006