Le bilan : « Un gain de temps, à condition d'être acteur de la démarche »

Les avis sont unanimes : pour réussir son bilan, il faut avoir envie d’engager une réflexion sur son parcours professionnel. C’est LA condition sine qua non de réussite. Mais attention ! Cela ne se fait pas en dilettante ! Les points clés pour une démarche efficace.

Responsable administrative dans une association de formation en langues, Catherine Morin-le Sech a suivi un bilan de compétences en 2002 « pour faire le point après vingt années d’expérience dans cette structure ». Une démarche qui a conduit cette autodidacte à reprendre un DUT GEA (gestion des entreprises et des administrations). Son objectif : « améliorer ses connaissances et mieux se positionner sur le marché de l’emploi ». Une étape salutaire. « Cela m’a apporté plus que ne l’imaginais au départ, souligne-t-elle. J’avais vaguement en tête l’idée de suivre une formation, mais ça restait très vague. En étudiant mon parcours, mes aptitudes, mes points forts et mes points faibles, j’ai pu trouver une formation adaptée à mon niveau. Finalement, j’ai gagné du temps. A l’issue de mon bilan, j’étais fin prête pour reprendre des études ».

Comment mettre toutes les chances de son côté ?

Les professionnels se rejoignent sur un point : la durée de l’expérience n’est en rien un atout pour optimiser sa démarche. « Que la personne justifie de cinq ou vingt ans d’expérience professionnelle n’a aucune importance, affirme Brigitte Carnelle, responsable du centre de bilan de compétences du cabinet Ressources plurielles. Ce qui compte, c’est sa capacité à se questionner. » Voici trois points clés à respecter pour une démarche efficace.

- L’implication. Dans un bilan, il vous incombe de dresser l’inventaire de vos compétences et d’élaborer votre projet, et non votre consultant ! « Je suis là pour guider la personne, pas pour décider à sa place ! Au final, c’est elle qui pèse le pour et le contre pour choisir sa direction professionnelle », met en garde Isabelle Bouy, conseillère en bilan de compétences au BIOP de la chambre de commerce et d’industrie de Paris. Pas question d’être passif, au risque de voir la démarche échouer.

- La remise en cause. Le bilan de compétences représente un travail important sur soi-même. « La démarche est parfois déstabilisante, admet Brigitte Carnelle. Lorsque l’on met à plat son parcours, il est fréquent de se sentir perdu et de ne plus savoir dans quelle direction aller. Or, c’est souvent une période féconde d’où émergent les projets. » Accepter de se remettre en question se révèle indispensable pour optimiser un bilan.

- La confiance. Tous les centres de bilans de compétences s’appuient peu ou prou sur la même méthodologie. Ce qui fera clairement la différence, c’est la qualité de la relation et la confiance que vous nouerez avec votre consultant. « Pour qu’un bilan fonctionne, il faut accepter de livrer des informations sur son parcours mais aussi sur son mode de fonctionnement personnel », insiste Isabelle Bouy. Un conseil : voyez deux ou trois cabinets avant de fixer votre choix et vérifiez que le courant passe entre vous et le consultant. A savoir : le premier entretien est gratuit.

« Il faut être actif et avoir envie d’obtenir un résultat, conseille Catherine Morin-le Sech. Un bilan, ce n’est pas s’asseoir et écouter un consultant ! La confiance est une dimension importante à tous les niveaux : confiance en soi, dans le consultant qui nous reçoit et dans le temps qui s’écoule entre les entretiens. » Des délais permettant de mûrir sa réflexion et de trouver des réponses à ses questions. « Après le bilan, il faut concrétiser les décisions que l’on a prises avant d’être repris par le quotidien du travail, conclue la jeune femme. Cinq mois après mon bilan, j’entrais en formation via un CIF ! »

 


Lydie Colders

Novembre 2005

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