Mieux se connaître, trouver sa voie, se rassurer sur ses choix professionnels… les raisons de faire le point grâce à cet outil de diagnostic sont multiples, tout comme ses bénéfices. Encore faut-il savoir l’utiliser à bon escient. Et c’est souvent là que le bât blesse. Nos conseils pour réussir.
Envie de changer votre vie professionnelle ? C’est un bon point de départ pour entreprendre un bilan de compétences : « Au départ, les gens expriment très souvent l’envie de changer de poste ou d’entreprise pour faire autre chose, généralement parce que le contexte professionnel ou relationnel ne leur conviennent pas » observe Brigitte Carnelle, responsable du centre de bilan de compétences du Cabinet Ressources plurielles. Dans ce cas, suivre un bilan vous aidera à faire le tri dans vos motifs d’insatisfaction et identifier la part qui revient à l’entreprise et celle qui relève de votre fonctionnement personnel. Une façon de clarifier votre situation pour pouvoir envisager de nouvelles pistes. Idem si vous vous interrogez sur la valeur de votre expérience, surtout si vous avez évolué au cours de votre carrière : vous pourrez vous appuyer sur cet outil pour faire le point sur vos acquis avant d’envisager un projet professionnel. Un bilan de compétences peut également vous servir de première étape pour valider (ou non) une nouvelle orientation orientation : changer de métier, évoluer vers l’encadrement, travailler dans un autre secteur d’activité... Dans ce cas, votre travail d’enquête au cours de la prestation (recherches documentaires, entretiens avec des professionnels) fournira l’occasion de vous tester en conditions réelles. « C’est l’occasion d’évaluer si l’on a le les compétences nécessaires pour postuler au poste envisagé ou bien de vérifier la réalité d’un métier. Très souvent, il y a de gros décalages avec la représentation que l’on s’en fait ! » souligne Brigitte Carnelle. Dans tous les cas, un bilan permet souvent reprendre confiance en ses capacités professionnelles. De quoi recharger les batteries pour envisager l’avenir.
A quoi doit ressembler votre projet ?
Un projet peut revêtir différentes formes : évoluer vers un poste de management, changer de fonction en interne, (passer de la communication aux ressources humaines par exemple), transférer son expertise dans un autre secteur, quitter son entreprise pour s’installer en libéral...L’objectif est bien sûr qu’il soit en phase avec vos aspirations. Au cours de votre bilan, vous l’aurez validé en rencontrant des professionnels et vérifié ses conditions de faisabilité. Dans la synthèse écrite de votre bilan, ce projet sera assorti d’un plan d’action listant les moyens, les étapes et les délais de mise en oeuvre : effectuer une formation, une démarche de VAE...Un fil rouge que vous devrez continuer à dérouler après la fin de cette prestation.
Que faire lors de son retour en entreprise ?
- Vous êtes à l’initiative du bilan : si votre employeur est au courant de votre démarche de bilan (dans le cas d’une autorisation d’absence pour un congé bilan par exemple) et si votre projet peut se concrétiser en interne, vous avez tout intérêt à demander un entretien à votre DRH à votre retour pour lui présenter les conclusions de votre bilan C’est l’occasion d’exprimer votre souhait d’évolution et d’enclencher des négociations pour obtenir une formation par exemple.
- Votre employeur est à l’origine de la demande : dans le cas où votre entreprise vous a suggéré et financé un bilan de compétences, il est fréquent qu’elle demande un entretien de restitution à l’issue de la prestation. L’accès aux conclusions de votre bilan se négocie avec votre employeur : entretien oral, transmission écrite du projet, présence ou non du consultant... Un conseil : au moment de la signature du contrat, faîtes-vous préciser – éventuellement avec l’aide de votre consultant - les objectifs poursuivis par votre employeur. Votre projet doit-il s’envisager en interne ou en externe ? Plus les attentes de votre employeur seront claires, mieux vous aborderez votre retour en entreprise.
Comment l’aborder dans ses recherches d’emploi ?
En réalité, ce qui séduira les recruteurs, c’est la pertinence de votre projet professionnel. A la limite, peu importe la façon dont vous l’avez défini ! Mieux vaut rester discret sur cette étape. «On peut éventuellement en glisser un mot lors de l’entretien, mais il est déconseillé de l’écrire dans une lettre de motivation ou un CV » estime Isabelle Bouy. Dans tous les cas, évoquer votre bilan lors d’un entretien d’embauche ne doit pas donner matière à digression sur vos motifs personnels. Là où la « matière » du bilan est intéressante, ce sera dans votre capacité à argumenter au plus juste votre projet, dans vos outils (CV orienté vers votre objectif par exemple) et lors de vos entretiens. Un bon point aux yeux des recruteurs.
Est-ce un plus pour décrocher une formation ?
Non. Si il est fréquent qu’un bilan de compétences débouche sur un besoin en formation, il ne constitue en rien un label. Ainsi, si votre projet passe par l’obtention d’un congé individuel de formation (CIF), avoir suivi un bilan ne vous classera en rien parmi les dossiers prioritaires pour obtenir la prise en charge financière de votre formation. «Bilan de compétences ou pas, ce qui compte, c’est que le projet de formation soit au service d’un projet professionnel clair et réaliste en terme d’emploi» explique Jacques Lonchamp, directeur du Fongecif Franche-Comté. Vous pouvez mentionner votre bilan dans la lettre de motivation qui accompagnera votre dossier, mais attachez-vous surtout à démontrer la cohérence économique de votre projet.
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Lydie Colders
Septembre 2005