Fondatrice d’Arborus en 1995, vous avez participé à la création du label Égalité avant de rejoindre Alain Gavant Consultants. Comment analysez-vous aujourd’hui la question de l’accès des femmes à l’emploi ?
Les femmes sont en train de gagner la partie ! Bien sûr, il y a encore des difficultés, mais quand on regarde le dernier baromètre publié par l’Observatoire des discriminations, on s’aperçoit qu’en deux ans, les progrès les plus importants concernent surtout les femmes. Le législateur est intervenu, puisque l’égalité professionnelle est devenue une obligation légale. Mais au-delà de la loi, les entreprises ont compris qu’il était de leur intérêt de recruter et de promouvoir des femmes. Par exemple, nombre d’entreprises nous demandent que dans les short lists que nous leur présentons, il y ait au moins une femme. Il y a une réelle évolution des mentalités, notamment chez les jeunes générations. Pour des raisons économiques et démographiques, les employeurs ne peuvent plus refuser de recruter des femmes. Mais les problèmes se sont déplacés.
C’est-à-dire ?
Les entreprises et les recruteurs sont confrontés à un vrai problème de viviers ! En amont, il n’y a pas assez de femmes à envisager des carrières dans les disciplines techniques ou scientifiques, ce qui limite leur arrivée dans les entreprises, puis leur ascension dans les postes de pouvoir. Si on parle souvent du plafond de verre, il faut aussi parler des cloisons de verre ! Il faut donc orienter les jeunes filles vers des filières traditionnellement masculines et réorganiser les entreprises pour qu’elles permettent à chacun et chacune d’y progresser sans les habituelles et inutiles contraintes que sont, par exemple, les réunions tardives !
Les manifestations sur ces questions et la mise en avant de femmes qui ont réussi ne modifient-elles pas la situation ?
Oui, à condition que les femmes qui ont réussi s’entraident comme le font les hommes et ne restent pas des cas isolés. Le coaching entre femmes et des réseaux professionnels de femmes qui sont en train de se développer vont dans la bonne voie.
Propos recueillis par Laurence Estival
Mars 2007