La mobilité repart

La peur du licenciement s’estompe, le marché de l’emploi des cadres semble se maintenir au beau fixe, les conditions sont réunies pour se remettre en mouvement.

Moins préoccupés par le spectre du chômage, moins stressés, tout au moins pour leur avenir professionnel, les cadres se recentrent sur le contenu de leur travail et leur rémunération, deux sujets de préoccupation majeurs, d’après la dernière étude mobilité de l’APEC (1). Et ils bougent à nouveau. Trois sur dix ont ainsi vécu un changement en 2006, contre deux sur dix en 2005. C’était la première fois depuis 2000 que ce taux progressait et, depuis, le mouvement s’accentue.
Ayant sans doute tiré les leçons d’un passé récent, qui a fait vaciller la croyance en l’entreprise, les candidats à la mobilité le font cependant prudemment, lâchant moins la proie pour l’ombre, attendant des garanties de la part des employeurs, prenant le temps de « faire leur marché ». La veille, active ou non, est devenue la règle pour six cadres sur dix, et nombre d’entre eux engagent des actions « impliquantes » sur le marché de l’emploi, comme « solliciter ses relations, postuler à une offre, passer des entretiens de recrutement (1) ». Pour bien d’autres, la réactualisation du CV ou la consultation des offres sont des « armes » suffisantes pour tenter de bouger si l’occasion se présentait.

La mobilité interne privilégiée


Cependant, si les cadres se sont remis en mouvement, la véritable évolution ne se situe pas à l’extérieur, mais à l’intérieur de l’entreprise. Près d’un quart des cadres ont vécu une mobilité interne en 2006, une évolution de... dix points par rapport à l’année précédente! C’est probablement l’effet - tant attendu - du papy-boom, les opportunités du turn-over offertes dans certains secteurs (banque, assurance, industrie chimique ou agro-alimentaire) qui expliquent cette forte hausse. C’est aussi la peur d’un certain immobilisme dans une même entreprise : sans désirer ou oser quitter sa société, on souhaite qu’il s’y passe quelque chose, alors on cherche en interne des raisons de rester. L’élargissement des responsabilités arrive en tête des préoccupations, signe que l’ennui et la stagnation sont aujourd’hui les ennemis les plus redoutés du cadre.

(1) « La Mobilité professionnelle des cadres », APEC, éd. 2007.

À lire aussi : Dix conseils pour bouger en 2008

 

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Dominique Perez et Nathalie Samson

Janvier 2008

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