Prendre sa carrière en main implique de passer à l’action quand l’ennui menace, sans attendre d’être mis au pied du mur… Les conseils d’Agathe Potel, professeur en leadership et développement personnel à l’EM Lyon pour aller de l’avant.
Comment expliquez-vous qu’à l’heure où l’on parle de la nécessité de prendre sa carrière en main, huit cadres sur dix n’ont pas changé de poste en 2005, selon une étude de l’APEC [Association pour l’emploi des cadres] ?
Prendre sa carrière en main nécessite de prendre des risques alors que nous sommes dans des sociétés où « le risque zéro » est devenu la norme dans de nombreux domaines… Or, aujourd’hui, la notion d’employabilité est essentielle pour qui souhaite évoluer. Il faut faire régulièrement le point en se demandant, par exemple : « Quelles sont dans mon secteur les compétences demandées ? Est-ce que j’apprends encore quelque chose dans mon poste ?... » Quand l’ennui menace ou que l’on s’intéresse au moindre détail qui n’a pas vraiment d’importance pour se prouver qu’on est encore utile, il est temps d’agir.
Pour de nombreux cadres, se pose alors la question de savoir comment…
Bien sûr, il faut faire le point sur ses désirs et ses compétences. Et sans attendre d’être mis au pied du mur, il ne faut pas avoir peur de regarder régulièrement ce que l’on vaut sur le marché du travail, se rendre visible en externe pour faire la différence le moment venu… Il faut aussi passer d’une logique de demandeur d’emploi à une logique d’échange face à son employeur. Avant de prendre un poste, on doit s’interroger sur ce que celui-ci peut apporter et ce en quoi il va permettre d’avancer par rapport à son projet. Ce qui implique de savoir aussi refuser.
Comment les employeurs réagissent-ils à ces nouveaux comportements ?
De plus en plus de DRH [directeurs des ressources humaines] comprennent que les salariés sont dans l’obligation d’entretenir leur employabilité. Montrer ce que l’on veut et qu’on est prêt à partir pour l’obtenir peut aussi débloquer des situations en interne.
Propos recueillis par Laurence Estival
Février 2007