J’ai très mal au travail, réalisé par Jean-Michel Carré, produit par les Films grain de sable et commandité par le ministère du Travail, vient de sortir en salle. S’appuyant sur des témoignages de salariés cadres et non cadres et des éclairages d’experts, ce film remarquable décrit et décrypte la souffrance de salariés dans les services ou dans l’industrie. Le constat y est sévère. Ainsi, Paul Ariès, politologue, explique comment le taylorisme, puis le fordisme ont laissé la place à un management « affectif » qui est tout aussi pervers, et comment on est passé d’une souffrance physique au travail à une souffrance psychique.
Un phénomène qui touche les États-Unis, où des chercheurs remettent également en cause certaines formes de management. « La pression [des] employeurs sur leurs salariés, auxquels ils demandent un accroissement permanent de leur productivité, risque bien de devenir un frein à l’amélioration des performances des entreprises américaines », affirme Stephen E. Humphrey, professeur à l’université de Floride, dans le Journal of Applied Psychology de septembre. Des études conduites par des universitaires du Michigan vont dans le même sens : travaillant dans des conditions de stress et ne se sentant pas suffisamment considérés, les salariés ont tendance à se désintéresser de leur tâche.
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Novembre 2007
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