Comment réussir son discours de vœux

En ce début 2012, vous ne couperez pas au rituel des vœux. Attention à ne pas vivre ce moment comme une corvée. Au contraire, profitez-en pour prendre le pouls de vos équipes. Vous allez devoir tirer le bilan de l’année écoulée et vous projeter vers l’avenir. Jouez le réalisme, la sincérité, la proximité. L’exercice est moins délicat qu’il n’y paraît. Conseils de Stéphane Einhorn, coach en entreprise.

Que dire cette année encore ? Beaucoup de managers s’interrogent sur la façon d’aborder 2012 avec leurs troupes alors que le contexte économique reste morose pour la troisième année consécutive. Pas question toutefois de zapper la cérémonie des vœux ou d’en faire un passage obligé. Ce serait la pire des choses. Les salariés guettent ce rendez-vous symbolique. Alors mieux vaut s’approprier ce temps là avec deux maitres-mots : humaniser ses propos et coller à la réalité. Plus que jamais, les collaborateurs attendent un discours « de chair et de sang ». Et souhaitent trouver du sens à leur travail. Ils ne se rallieront au panache de l’entreprise qu’à ces conditions. Faites de ce rituel un moment chaleureux et non convenu. Vous n’avez pas si souvent l’occasion de réunir les équipes au complet. Si ? Voici six points clés qui vous aideront à donner du tonus à votre speech.

 

1. Aller à l’essentiel. Votre discours-bilan doit être concis. Il ne doit pas durer plus de 10 ou 15 minutes. Calez-vous sur les valeurs et les enjeux principaux de l’entreprise. Dites en quoi le travail de votre entité a participé à la dynamique générale. Ce qui suppose d’avoir au préalable passé au scanner tous les évènements de 2011 qu’ils soient négatifs ou positifs. Toute la difficulté consiste à doser subtilement dans l’exposé ces plus et ces moins. Soyez réaliste, le plus factuel possible. « L’an dernier voilà ce qu’on a dit, voilà ce qu’on a réalisé ». Soulignez franchement les éléments qui patinent, ceux qui restent à améliorer. Distinguez aussi les véritables avancées. L’opportunité, en sus, de reconnaître les succès d’en féliciter leurs auteurs.

 

2. Adapter ses messages. Vous n’êtes pas dirigeant ? Alors oubliez ces kyrielles de chiffres assommantes – résultats, parts de marché, cours boursiers, dividendes etc. Ne vous perdez pas dans les données des autres filiales. Délaissez aussi ces explications stratosphériques sur la stratégie de croissance, la mondialisation, l’euro et le dollar... Il ne s’agit pas de négliger ces informations mais de les mettre à la portée de vos équipes. Ne livrez que les indicateurs ou les orientations politiques clés. Et traduisez-les en termes de contributions au projet collectif, de réorganisation à venir, de nouvelles conditions de travail, d’efforts à accomplir… Bref, rendez-les concrètes. Vous redonnerez ainsi du sens au job de chacun.

 

3. Éviter la langue de bois. Ne minimisez pas les difficultés. N’enjolivez pas non plus le futur. L’hypocrisie ou le boniment, faciles en périodes de vaches grasses ne passent pas en temps de crise. Les salariés ne sont pas dupes. Ils percevront le discours formaté, imposé. Or ils ont besoin d’un discours clair et qui sonne juste. En outre, la génération Y apprécie le réalisme. Alors, annoncez la couleur. Restez optimiste. Et épargnez-vous les phrases creuses du type « on va s’en sortir », « il faut continuer ». Elles ne motiveront personne.

 

4. Aborder l’incertitude. Si en matière d’avenir, il y a de zones de flou, ne les esquivez pas. Des restructurations sont annoncées sans plus de détails ? De nouveaux lancements sont prévus sans date ? Les nouvelles directives ne garantissent pas le succès ? Faites preuve de franchise. Paradoxalement, parler des choses qu’on avoue ne pas pouvoir maîtriser, rassure l’auditoire.

 

5. Rester soi-même. Méfiez-vous des ruptures de ton et de comportement. Le manager habituellement directif et qui d’un coup voudra paraître collaboratif ne convaincra pas. Il sera trop décalé aux yeux de ses équipes et il jouera faux. À proscrire aussi : l’esprit de conquête ou le catastrophisme, trop grandiloquents. Restez donc naturel, cohérent, sincère. Vous serez alors crédible. Communiquez avec vos propres mots pour gagner en authenticité. Attention à ne pas être trop familier non plus. Le registre affectif est réservé aux discussions en petit comité.

 

6. Créer de la convivialité. Le rituel des vœux doit être un moment de pause, comme celles prises à la machine à café. Un moment dédié à 100 %, chaleureux, libre, détendu. Une fois votre discours terminé, ne partez donc pas en tournant des talons. Ouvrez le débat en prévoyant un temps de questions réponses dans la salle et prolongez-le autour d’un buffet en buvant un verre avec les uns ou les autres. Les langues se délieront, les échanges seront plus productifs, les inquiétudes remonteront. Vous mesurerez illico l’impact de vos propos, quitte à rectifier les incompréhensions, à rasséréner ou à partager des soucis. De quoi entamer 2012 d’un bon pied.

Propos recueillis par Marie-Madeleine Sève

Janvier 2012

Aller plus loin

Haut de page

Pour se former.fr en 1 clic !

Pour se former.fr en 1 clic !