Philippe, 34 ans, est chef de projet dans une grosse PME de la région Rhône-Alpes (750 salariés). Entre un manager ayant des comportements « hystériques » et un collaborateur manipulateur, il peine parfois à gérer le quotidien… Analyse.
Le supérieur hiérarchique direct de Philippe, à savoir le directeur informatique, est une « personnalité difficile » : « Il est particulièrement agressif. Il réagit avec irritation et pique même de sérieuses colères aux moindres remarques qui ne vont pas dans son sens. Il hausse le ton en permanence et utilise volontiers un langage familier, voire grossier. C’est très difficile à vivre pour l’équipe. »
Décryptage d’Isabelle Oggero, consultante chez Orsys : « Ce type de personne a souvent peur de ne pas être à la hauteur de sa propre hiérarchie et de ne pas être reconnu dans sa fonction par ses collaborateurs. Bref, elle doute de ses compétences. La personne agressive “attaque” comme le ferait quelqu’un qui se sentirait menacé. » La solution préconisée ? Écouter jusqu’au bout, refuser les attaques personnelles et, en cas de discours injurieux, signifier clairement que le dialogue est rompu en proposant de se revoir dans des circonstances apaisées.
Montrer que l’on n’est pas dupe. Mais, de l’autre côté, une autre personnalité au profil psychologique « atypique » est à gérer : un chargé de mission sous la responsabilité de Philippe, que celui-ci qualifie de « personnalité manipulatrice ». Ses principales caractéristiques comportementales : discours à géométrie variable selon l’interlocuteur, critique systématique des collègues en leur absence, utilisation de la flatterie ou de la séduction pour parvenir à ses fins… « Je pense qu’il a peur de ne pas être à la hauteur face à l’autre et qu’il a du mal à exprimer clairement ses besoins », diagnostique Philippe.
« La personne manipulatrice se convainc d’être en état de supériorité, car elle pense pouvoir agir sur les individus et les situations (“tirer les ficelles”) », analyse Isabelle Oggero. Que faire ? « Réunir tous les éléments factuels (exemples : mails, notes…) faisant ressortir la contradiction de l’attitude et mettre le manipulateur face aux faits, poursuit la consultante. Il faut signifier que l’on voit clair dans son jeu. Bref, se centrer exclusivement sur l’échange factuel et ignorer la flatterie. »
Éric Delon
Octobre 2007