2011 sera encore une année de vaches maigres pour beaucoup. Et en janvier, votre bureau risque de se transformer en bureau des plaintes. Préparez-vous à répondre aux râleurs et inquiets de tous poils. Avec deux maîtres mots : bienveillance et pédagogie. Conseils d’experts et de coachs pour affronter quatre objections auxquelles vous ne couperez pas !
C’est bientôt la saison. Que ce soit à la machine à café, au détour d’un couloir ou dans votre bureau, la grogne salariale va resurgir. Interpellé, directement ou non, vous ne pourrez pas vous défausser. Car pour la troisième année consécutive, les augmentations resteront minces, de 2,5 à 2,8 % selon les experts (1). Il y aura donc peu d’élus. L’heure est à la sélectivité ! Selon le cabinet Mercer, seulement un salarié sur trois enregistrera un léger mieux – 1 % ou plus – sur la ligne salaire de base de sa feuille de paie.
• La fin d’un tabou. Ceux qui ne feront pas partie des heureux élus auront des objections, masquant le plus souvent la lancinante et angoissante question : “Pourquoi pas moi ?”. Car, aujourd’hui les salariés n’hésitent plus à contester, à exiger des explications. “Les anciens avaient une certaine pudeur à parler de rémunération, observe Thomas Morabito, associé senior à la division capital humain du cabinet Mercer France. Maintenant, c’est fini. La question arrive fréquemment sur le bureau du manager. Et les mécontents préparent leur argumentation, surtout les cadres.” Il s’agit alors d’être au clair avec la politique maison sur les rémunérations 2011.
• Affûtez vos arguments. Un bon conseil, consultez vite la DRH pour en vérifier les grandes lignes. En outre, grâce à ses outils spécifiques – historiques de carrière, nuages de points, barèmes, enquêtes externes… –, vous affûterez vos arguments sur un sujet qui s’avère très technique. Pour vous aider à anticiper, voici quatre réclamations types et la bonne manière d’y répondre pour ne décourager personne.
• “Une fois de plus, je n’ai rien eu cette année”
Deux cas de figure se présentent. Le plus simple : le salarié sait qu’il n’a pas atteint ses objectifs. Plus difficile à gérer : ses résultats sont au rendez-vous, et il est franchement déçu. Il va falloir le rassurer. Et attention à ne pas passer pour un bonimenteur.
• “Je suis moins payé que mon collègue”
L’erreur à ne pas commettre face à cet argument ? Entrer dans le jeu du salarié. Un seul mot d’ordre : restez factuel.
• “Chez nos concurrents, je gagnerais plus !”
Résistez à la tentation de répliquer “Vas-y !” Vous allez devoir vérifier si c’est juste du chantage. Et ensuite, déminer.
• “C’est très peu, alors que je me suis défoncé !”
Votre collaborateur estime qu’il n’est pas suffisamment rétribué au vu des efforts.
Attention à ne pas le démotiver.
• Refuser une augmentation : quatre attitudes qui ne pardonnent pas !
Confronté au mécontentement de personnels dont le salaire n'a pas été augmenté comme ils l'escomptaient, quatre attitudes qu'experts et coachs vous conseillent de bannir absolument.
(1) Le cabinet de rémunération Mercer prévoit des augmentations de salaire médianes de 2,5 % en 2011 et son concurrent Hewitt Associates affiche un chiffre moyen de 2,8 %. La dernière étude de la Cegos prévoit 2,5 % d’augmentation en moyenne pour les cadres
Marie-Madeleine Sève
Décembre 2010