Le malaise est perceptible : face aux bouleversements menés par les entreprises au cours de ces dernières années, les managers français sont déstabilisés. Principale raison invoquée : la ribambelle d’objectifs poursuivis.
Les cadres français se sentent beaucoup plus « victimes » du changement que leurs homologues européens, d’après une étude de la société de conseil en management Mercuri Urval*. Les raisons sont plus à chercher dans l’ampleur de ces modifications d’organisation que dans une résistance qui leur serait propre. En effet, 78 % des entreprises françaises interrogées ont entamé un processus de changement en 2010, contre 70 % en Italie ou seulement 49 % en Allemagne.
Des modifications tous azimuts. Une autre spécificité française est à chercher dans les objectifs de ce changement : si dans les entreprises européennes le but est très ciblé, car il s’agit essentiellement d’optimiser les coûts de fonctionnement, « il semble qu’en France, les dirigeants multiplient les buts à atteindre et font du changement une opportunité, non seulement pour réaliser des réductions de coûts mais, aussi, pour améliorer les processus de production, renforcer la meilleure adéquation entre les produits et les services proposés et mieux cerner et analyser les attentes de leurs clients…», constate les auteurs de l’étude.
Un mieux en 2011 ? Une exigence qui explique sans doute un taux d’insatisfaction très élevé des cadres français : 41 % seulement se disent satisfaits à l’égard des changements, contre 73 % en Allemagne et aux Pays-Bas. Pire : 29 % seulement y voit matière à opportunité professionnelle, contre…95 % des managers allemands par exemple ! Ce malaise pourrait cependant s’atténuer : 71% des personnes interrogées en France n’attendent plus de processus de changement en 2011.
* « Le blues des managers français face au changement », enquête réalisée auprès de 800 managers de 8 pays d’Europe.
Et vous, êtes-vous prêt au changement ? Faites le test
Dominique Perez
Avril 2011