Plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, peu expansif(ve) de nature, vous vous faites un sang d’encre à la perspective d’intervenir lors de votre prochaine réunion ? Voici quelques techniques, anecdotes et conseils pour mieux vivre ce moment.
Élodie Guiu, 31 ans, consultante qualité dans un grand groupe français, aujourd’hui « parfaitement à l’aise en réunion », se souvient de ses débuts professionnels pour le moins mitigés lorsqu’il s’agissait de prendre la parole en public. « Ma plus grande difficulté, à 23 ans, était relative à mon âge et à mon sexe : une jeune femme face à des interlocuteurs mâles et chevronnés, forcément, ça ne faisait pas toujours “très sérieux dans le décor” », s’amuse-t-elle maintenant.
Pour se tirer d’affaire, Élodie avait choisi une méthode basique : bien se préparer techniquement. « J’avais un avantage : à l’époque, j’étais la seule spécialiste dans mon domaine d’activités (les télécommunications). J’ai donc rapidement été créditée de la reconnaissance technique nécessaire. Lorsque je me rendais chez des fournisseurs, en audit, je me retrouvais souvent face à des professionnels âgés d’une cinquantaine d’années. Ma stratégie était de délivrer une remarque particulièrement technique dans les cinq premières minutes de réunion afin de placer la barre très haut et de leur montrer que je n’étais pas là pour faire de la figuration. Cela s’est toujours révélé d’une grande efficacité. »
S’imposer par le savoir et le professionnalisme. Autre tactique utilisée avec profit par Élodie pour tirer son épingle du jeu : « prendre la main », par exemple en se proposant d’être la secrétaire de séance. « Même lorsque j’étais un peu “sèche” durant la réunion, cette initiative me donnait l’occasion de me rattraper en réalisant un compte-rendu de bonne facture envoyé rapidement à chacun des intervenants. Une preuve de professionnalisme souvent appréciée, notamment par les supérieurs hiérarchiques, sachant que, la plupart du temps, les autres ne se bousculaient pas pour le faire. »
S’attirer des sympathies. La phase préparatoire de la réunion peut également être mise à profit. Désignée par son journal pour animer deux tables rondes particulièrement techniques au cours d’un salon professionnel, Stéphanie, jeune rédactrice en chef adjointe d’un magazine sur l’emballage, a contacté deux des intervenants avant la date fixée pour le salon. « J’ai échangé avec eux pendant une demi-heure par rapport au contenu et au déroulé de l’intervention, explique-t-elle. Ils se sont montrés étonnamment ouverts et compréhensifs. Même si j’ai un peu bafouillé, le jour J, j’ai vaincu ma peur, car une certaine complicité s’était instaurée entre nous. »
Éric Delon
Novembre 2007