La paresse est un vilain défaut. Et elle est passablement énervante quand elle émane de votre collègue et implique que votre charge de travail augmente.*
Son profil. Pas trop vite le matin, doucement le soir. Il parle beaucoup de ce qu’il va faire, de ce qu’il est censé faire, mais ses promesses verbales ne sont jamais suivies d’actes. Son travail n’est jamais rendu à l’heure, il se la coule douce au bureau dès qu’il le peut et, forcément, vient un moment où c’est vous qui devez prendre en charge ses dossiers en retard. Il peut en revanche mettre beaucoup de son énergie et de son intelligence à se montrer « overbooké ». Il fait des allers-retours réguliers dans l’open-space à grandes enjambées, si possible avec un dossier sous le bras en poussant des profonds soupirs. Il clapote sur son clavier à longueur de journée à un rythme effréné. Bref, il brasse du vent.
Les difficultés que cela implique pour vous. Les problèmes principaux surviennent quand vous devez travailler en équipe sur un dossier en respectant un délai. « J’ai travaillé comme une forcenée dès le début pour réussir à obtenir mes rendez-vous assez tôt et pouvoir rédiger la synthèse commune dans les temps, se rappelle Clémence, assistante de communication. Pendant ce temps, ma collègue organisait ses vacances par téléphone, prenait ses rendez-vous coiffeur et manucure. Quand je l’interrogeais sur l’avancée de son travail, elle s’estimait dans les temps. Lorsque j’ai eu terminé mes rendez-vous, elle n’avait pas encore pris un seul contact ! Un dossier urgent lui est tombé dessus. Mon chef a revu le partage des tâches. Étant bien avancée dans mes dossiers, à votre avis, qui a dû reprendre le dossier commun en totalité et dans l’urgence ? »
Les solutions pour s’en sortir. Si votre collègue essaie de se débarrasser de son boulot sur les autres, il faut bien lui faire comprendre que vous n’êtes pas là pour effectuer ses tâches à sa place. S’il est très délicat de le rappeler à l’ordre, vous pouvez lui demander fréquemment où il en est et lui mettre la pression par le reste de l’équipe. « C’est au supérieur de trancher, conseille pour sa part Sandrine Weisz. Vous avez un devoir d’alerte en lui demandant de rétablir les choses au sein de son équipe, sinon cela risque de générer de la frustration. Il ne s’agit pas, dans un premier temps, de faire de la délation, mais d’attirer son attention sur le fait que certains en font moins que d’autres. »
Pour aller plus loin:
• Scénario catastrophe ! Manuel de survie : situations extrêmes, Joshua Piven et David Borgenicht, Éditions 365, 2007.
• Gérer les personnalités difficiles au travail, Sandrine Weisz, Éditions Maxima, 2007.
* Extraits de l’ouvrage « Survivre au bureau » de Pascale Kroll (éd. L’Etudiant).
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S’intégrer dans une équipe, gérer ses collègues et ses chefs, soigner son image, s’isoler dans un open space… Les premiers pas dans l’entreprise ne sont pas toujours aisés. Jeux de pouvoir, vie privée, réputation…, Pascale Kroll recense les situations périlleuses et livre ses conseils pour déjouer les pièges de la vie de bureau.
Survivre au bureau : les codes à connaître, les boulettes à éviter. Pascale Kroll, éd. l’Etudiant, août 2010, 14,90 €.
Pascale Kroll
Août 2010