Votre gorge se noue, votre cœur bat à tout rompre, vos mains tremblent. Vous devez intervenir devant une assemblée et voudriez prendre la poudre d’escampette ! Rassurez-vous, tout n’est pas perdu. Voici quelques techniques pour surmonter votre appréhension et être à l’aise le jour J.
C’est une épreuve obligée. Michel Escudero doit présenter chaque année son plan de formation à plus de 50 salariés de la chaîne de magasins Bricodépôt. Pourtant habitué à orchestrer des réunions, ce directeur de la formation a pendant longtemps eu bien du mal à cacher son stress : « J’avais la voix qui chevrotait, les mains moites, j’avais tendance à réciter mon texte. » Il lui a pourtant suffi d’un stage de « prise de parole en public » pour corriger ses défauts. « J’ai appris à utiliser les silences, à changer d’intonation. Je suis plus convaincant », explique-t-il. Résultat : le message passe, et son plan de formation aussi.
Apprendre à parler. « Parler en public est un exercice difficile : il faut être à la fois auteur, metteur en scène et interprète », convient Daniel Murgui-Tomas, directeur associé de l’IMFA-ACTA. « Avant donc que d’écrire, apprenez à parler », renchérit Gaby Olmeta, journaliste de formation, qui a créé Marvin&Co à Marseille, spécialisé dans les techniques de communication, et qui se réfère à Boileau. C’est justement l’envie d’apprendre à « bien parler » qui a convaincu Michel Colin de s’offrir ses services, avant de prendre la présidence de la Compagnie nationale des administrateurs de biens de la région Sud. « Je n’avais jamais pris la parole devant 100 personnes. Je ne voulais pas me lancer sans filet. J’ai appris à faire court et efficace, à bien articuler, à utiliser des gestes pour appuyer mes propos. »
Vaincre le trac. S’il n’existe aucune recette miracle pour éviter le trac, quelques techniques de base ont tout de même fait leurs preuves. Depuis son stage à l’Imfa-Acta, Thierry Lefebvre, directeur administratif et financier chez le dépositaire de produits pharmaceutiques Depolabo, s’échauffe tel un sportif de haut niveau avant la course. « J’avais une hantise : ennuyer le public. Je parlais vite, donc je “fourchais”, et je stressais. J’ai appris à m’imprégner de la salle, à prendre un grand bol d’oxygène avant de monter sur scène. » Un vrai combat contre lui-même. « Le plaisir a remplacé le stress. »
Connaître les astuces d’acteurs. Reste à avoir de l’impact. « Maîtriser son sujet et afficher de beaux slides Powerpoint ne suffit pas, prévient Jean-Michel Roche, directeur général de Verbateam. Il faut s’impliquer physiquement. » C’est pour cette raison qu’Isabelle(1) a suivi un coaching avec Patrick Rousseau, formateur au Théâtre à la carte et comédien de métier. « Les enjeux commerciaux son très importants. Dès que je prends la parole, je dois capter l’attention pour mobiliser les troupes », dit cette charismatique directrice commerciale. « La difficulté est d’attirer l’attention et de la conserver, confirme Patrick Rousseau. C’est pourquoi il faut “incarner” son discours, parler debout, poser le regard sur la salle, moduler sa voix comme pour composer une mélodie. » Un vrai travail d’acteur…
(1) Le prénom a été modifié.
Cinq conseils pour une présentation réussie
Voici quelques règles de base, simples à appliquer, pour vous préparer à parler en public.
1 Préparez une bonne accroche : un chiffre, une anecdote, un message clé qui mobilise l’attention dès le début de l’intervention.
2 Rédigez un texte court et clair. Écrivez au présent, utilisez des phrases courtes enrichies d’exemples qui parleront à ceux à qui vous allez vous adresser.
3 Répétez votre discours à voix haute, en veillant à travailler l’articulation et les intonations. Chronométrez-vous pour être sûr de respecter le temps imparti.
4 Repérez les lieux. C’est l’idéal pour « sentir » la salle, savoir si vous parlerez avec un micro, assis ou debout.
5 Avant de parler, décontractez-vous. Étirez-vous, bâillez pour décrisper votre visage et respirez à fond, avant d’entrer en scène avec le sourire
A lire
« La Prise de parole en public », Catherine Sorzana, collection Métier Journaliste, éd. PUF, 16 €
Anaïs Brodin
Mars 2007