« La VAE m’a aidée à devenir cadre »

Nathalie Pereira, 43 ans, adjointe au chef d'une ligne de produits à la Snecma (motoriste aéronautique et spatial).

Le déclic. « Embauchée en 1989, je suis entrée à la Snecma par la petite porte, avec un simple BEP comptable. Au fil des ans, je suis devenue acheteur leader pour le groupe Safran, dont fait partie l'entreprise. Mais j'occupais ce poste de cadre sans en avoir le statut. Et je souhaitais manager. En septembre 2006, lors d'un entretien individuel, mon n+1 m'a suggéré d'effectuer une validation des acquis de l'expérience (VAE) afin d'enrichir mon dossier en vue de mon passage devant la commission qui décide des promotions au niveau cadre. »

Le parcours.
« La Snecma a financé ma VAE, que j'ai entamée début 2007 à l'université de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne). Mon but ? Faire reconnaître mes six ans d'expérience en tant qu'acheteur par l'obtention d'une licence achats (niveau bac+3). Je devais dans un premier temps rédiger un mémoire d'une soixantaine de pages dans lequel j'analysais un projet que j'avais mené (j'y détaillais le moyen que j'avais trouvé pour réduire le coût d'un produit), avant de passer devant un jury final. J'ai été aidée par ma chef de service. Elle m'a aidée à trouver un plan et des exemples, et a accepté de me relire. Je travaillais sur mon mémoire les soirs, week-ends, congés. Mais j'ai dû mettre ma VAE de côté au printemps 2008, faute de temps, et je n'ai pas pu achever mon mémoire. »

Le changement. « En juin 2007, j'ai en effet été nommée adjointe au chef d'une ligne de produits, mon poste actuel, ce qui a permis de valider mon passage au statut cadre. La découverte de ce nouveau poste m'a beaucoup accaparée. Courant 2009, je devrais reprendre ma VAE, qui reste nécessaire pour devenir chef de ligne. Il me reste environ 40 % du mémoire à écrire, puis le jury final à passer. Le fait de devoir dégager du temps pour mon mémoire m'a cependant déjà rendue plus efficace et méthodique dans mon métier. En analysant mon travail dans le cadre de la VAE, j'ai également vu que j'étais aussi compétente qu'une diplômée : de quoi contribuer à effacer le léger complexe d'infériorité dû à mon petit BEP. »

Et si c'était à refaire ? « Je me lancerais plus tôt dans la VAE, afin d'achever le cursus avant que mon poste ne devienne trop prenant. »

Propos recueillis par Myriam Greuter

Avril 2009

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