
Fabrice Lacroix
Fabrice Lacroix, 35 ans, cofondateur d'iDalgo (fournisseur de contenus sportifs).
Le déclic. « Début 2004, Vivendi Universal Net a fermé CanalNumedia (qui gérait les sites Canalplus.fr et Allocine.fr), au sein duquel j'étais responsable projets depuis six ans. Certains salariés pouvaient être reclassés chez les repreneurs d'une partie de l'activité. Mais les syndicats ont très bien négocié le plan de licenciement : un an de salaire, plus l'ancienneté. Les conditions étaient encore meilleures si on se déclarait créateur d'entreprise. Avec deux collègues, on a choisi cette option. On était passionnés de sport, et on avait vu que dans ce domaine, la fourniture de contenus aux médias (chiffres, statistiques…) était un créneau à prendre. »
Le parcours. « En plus de nos indemnités, nous avons eu 10 000 euros chacun, des prix cassés pour racheter du matériel (bureaux, serveurs, ordinateurs…), dix mois de suivi méthodologique personnalisé avant le lancement, assuré par un cabinet d'outplacement, (pour apprendre à construire un business model, rappeler les règles administratives et juridiques, déjouer les pièges de la création d'entreprise…), plus une enveloppe pour nous former à notre guise (4 500 euros pour un cursus court, 9 000 pour une formation longue). Mes associés ont choisi le développement commercial et la communication, et moi j'ai suivi dix jours de marketing général à l'Essec. »
Le changement. « En février 2005, nous avons débuté à trois dans 12 m², avec des horaires fous. Aujourd'hui, on a quatre salariés et des free-lance (pour certains venus de Canal +), on travaille pour une vingtaine de médias (téléphonie, radios, sites du Monde, de France Télévisions…), on prévoit de se développer à l'étranger et mon salaire va bientôt retrouver son niveau d'autrefois. »
Et si c'était à refaire ? « Ce rebond s'est déroulé dans des circonstances idéales et aujourd'hui tous les signaux sont au vert pour iDalgo. Ceci dit, si parmi les 80 anciens collègues licenciés, il y a eu six ou sept créations d'entreprise, il n'en existe, à ma connaissance, plus que deux, dont la nôtre… Personnellement, je n'ai qu'un seul regret : n’être pas allé plus vite démarcher mes prospects ! »
Propos recueillis par Myriam Greuter
Avril 2009