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« Il faut maîtriser les points forts de son projet, mais aussi les points faibles »

Pour Gilles Belugou, directeur du Fongecif Haute-Normandie, le Cif doit représenter un nouveau départ. Il est donc primordial d’avoir un projet professionnel précis et réaliste.

Quels sont les objectifs d’un congé individuel de formation (CIF) ?
Le congé individuel de formation doit permettre au salarié de mettre en œuvre un projet cohérent et réaliste. Ce projet peut être professionnel ou personnel. Mais la majorité des dossiers acceptés (97 %) présentent des projets professionnels.
Il est donc essentiel d’avoir un objectif précis. Exemple : vous souhaitez faire du secrétariat. C’est vague. Dans quel secteur ? Dans quel type d’entreprise ? Y a-t-il des possibilités d’emplois autour de votre domicile ? On veut éviter ce que nous appelons les « CIF dérivatifs » qui correspondent à un refus de la situation actuelle mais pour lesquels aucun projet précis n’existe. Le CIF doit constituer un nouveau départ.

Quels services proposez-vous aux salariés ?
Toute demande commence par un entretien avec un conseiller. Notre objectif est d’aider la personne à mûrir son projet et lui éviter ainsi de faire fausse route. Elle doit maîtriser les tenants et les aboutissants de son projet, les points forts comme les points faibles. Nous lui demandons pour cela de faire une « étude de marché » pour connaître les débouchés, à son niveau bien entendu. Concrètement, pour un individu postulant pour un CAP de plombier, par exemple, les questions qu’il doit se poser sont : votre entreprise a-t-elle besoin de plombiers ? Si vous visez une mobilité externe, est-ce pour travailler chez un artisan ou dans une entreprise différente ? Avez-vous des pistes ?
Par ailleurs, si un ancien bénéficiaire de Cif a eu un projet similaire, nous essayons de le mettre en contact avec le postulant pour que celui-ci bénéficie de son expérience et évite ainsi certains écueils. On a dans ce but créé une association avec la Franche-Comté et réalisé un annuaire recensant 200 personnes ayant bénéficié d’un CIF (tous domaines et tous niveaux de formation confondus).
Enfin, une fois le projet bien défini, on regarde les moyens nécessaires à son aboutissement : la formation mais également la VAE.

Quels critères privilégiez-vous pour accorder un CIF ?
Nous examinons tout d’abord les informations sur la personne : son niveau d’études, sa qualification, son âge, son ancienneté et sa fragilité dans l’entreprise. Les personnes sans qualification ou ayant une qualification obsolète sont pour nous prioritaires. [NDLR : Chaque Fongecif définit ses propres priorités]. Vient ensuite le cas des salariés dont l’âge risque de rendre la reconversion difficile (40-45 ans). Nous nous projetons à cet effet dans les quinze ans à venir et regardons si la qualification est appropriée. La commission paritaire, qui examine le dossier, est composée d’employeurs et de salariés de la région : lorsqu’une entreprise bat de l’aile, on tâche de l’aider. Les salariés les plus « en danger » sont aussi favorisés.
Nous évaluons ensuite le projet de formation lui-même, privilégiant les parcours individualisés, et envisageons, chaque fois que cela est possible, la validation des acquis.
Enfin, nous estimons le projet dans sa globalité en favorisant les projets de reconversion à l’extérieur de l’entreprise.

De façon générale, que deviennent les personnes ayant bénéficié d’un CIF ?
Cinq mois après leur formation, 80 % des bénéficiaires ont mis en œuvre un projet concret. Près de 20 % d’entre eux demeurent dans leur entreprise. C’est, dans ce dernier cas, pour nous un retentissant échec ; la formation ne correspondait pas à leurs besoins.

 

Vous vous posez des questions sur le CIF, vous cherchez un conseil... Venez échanger sur notre forum :

Propos recueillis par Nathalie Samson

Juin 2004

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