Entretien avec Florence Palpacuer, professeur d'université en sciences de gestion, co-auteure avec Amélie Seignour et Corinne Vercher de « Sorties de cadre(s) – Le licenciement pour motif personnel, instrument de gestion de la firme mondialisée » (La Découverte, 2007).
« Le licenciement pour motif personnel, écrivez-vous, rend possible le choix des personnes que l’on veut exclure. » Y a-t-il des profils plus touchés ?
Selon notre étude, les plus exposés sont les seniors, les jeunes mères, les cadres qui « ne rentrent pas dans le moule », les délégués syndicaux, et enfin les commerciaux, consultants et informaticiens, qui évoluent dans des marchés fluctuants. Mais dans la course à la performance et à la jeunesse perpétuelle, personne n’est épargné. Si certains cadres s’accommodent de leur image de nomades et de stratèges, le LMP est avant tout synonyme de précarité, d’inégalités, d’isolement.
Vous évoquez la « nécessité d’une régulation collective de la relation d’emploi ». Qu’entendez-vous par là ?
On va vers un modèle américain où l’entreprise n’aura plus besoin de motiver ses licenciements. Pour préserver nos garde-fous juridiques actuels, il faut avant tout travailler sur la prise de conscience et de parole des cadres. Le système n’est puissant que tant que les gens y adhèrent.
* Avec Amélie Seignour et Corinne Vercher, aux éditions La Découverte, 2007.
Novembre 2007