
Marie-Christine Soroko (FFP)
Le 18 juin prochain, la FFP (Fédération de la formation professionnelle) organise le premier colloque sur la qualité de l’offre et de l’achat de formation (1). Marie-Christine Soroko, déléguée générale de la FFP revient sur les enjeux de ce thème à l’heure de la réforme de la formation.
Quels sont les enjeux de la rencontre que la FFP organise sur la qualité ?
La qualité et le professionnalisme sont l’un des trois chantiers majeurs de la FFP, avec la promotion de l’offre et le dialogue social. Il est d’autant plus important aujourd’hui qu’une réforme est en cours, et que tous les rapports qui l’ont précédée ont souligné la mauvaise lisibilité des formations. L’appréciation de la qualité en dépend.
Nous avons donc souhaité réunir la totalité de ses acteurs et mobiliser l’ensemble des commanditaires : les régions, les entreprises, l’État, les Opca... Les parties prenantes ne sont pas suffisamment impliquées. Nous souhaitons qu’elles se mobilisent davantage en amont et en aval de l’achat de formation, de la définition des besoins et des objectifs, aux critères et modalités d’évaluation.
Ce travail de préparation est indispensable. Il permet de mettre en place les outils nécessaires et les programmes adéquats en fonction des besoins identifiés et des objectifs assignés à la formation.
S’il n’est pas fait en liaison avec le commanditaire, on risque d’avoir des formations stéréotypées qui ne seront pas suffisamment adaptées aux besoins des individus.
De même, tant que l’on n’a pas, en aval, précisé les critères permettant d’évaluer la pertinence de la formation et les corrections éventuelles à apporter, la qualité ne sera pas optimisée. L’entreprise doit ainsi accepter de faire des évaluations « à froid ».
Que pensez-vous de la place accordée à la qualité dans le projet de loi sur la formation ?
Je ne pense pas qu’on puisse légiférer sur la qualité. C’est un état d’esprit. Indépendamment de la qualité, on peut cependant aujourd’hui prendre des dispositions pour assurer une meilleure lisibilité. Le répertoire de formations prévu par la réforme devrait le permettre. Le projet de loi prévoit aussi que tout stagiaire reçoive une attestation de fin de formation : c’est une bonne chose, sachant que nos adhérents le font déjà.
Le projet de loi sur la formation prévoit aussi une labellisation des centres de ressources sur les dispositifs de la formation professionnelle et la qualité de celle-ci. Qu’en pensez-vous ?
Une précision importante devra être intégrée au projet de loi actuel : ces centres de ressources devront donner des informations non pas sur la qualité des formations mais sur les labels et certifications dont les organismes bénéficient. Nous souhaitons que les informations qu’ils donnent sur l’offre de formation soient objectives. Il ne leur appartient pas de qualifier l’offre de formation, de dire qu’une formation est de bonne ou de mauvaise qualité.
Les points soulevés dans le groupe de travail présidé par Charlotte Duda (ANDRH) auraient-ils mérité plus d’attention dans le projet de loi ?
La qualité n’est pas du ressort du domaine législatif même s’il peut y avoir des incitations, des recommandations et des principes généraux.
Tout ce qui est labellisation et certification doit relever d’une démarche volontaire. Nous souhaitons que cela reste comme tel, et que les règles du marché s’appliquent à l’ensemble des opérateurs de formation.
Mais il est vrai qu’il faut que ces labels et ces certificats soient davantage connus et répertoriés. C’est aussi l’objectif de la journée.
Avez-vous déjà prévu un après-colloque ?
Nous aimerions qu’une table ronde avec tous les commanditaires et les organismes de formation aborde la mise en place de critères communs pour labelliser ou certifier les organismes de formation, et que ces critères soient respectés par les labellisateurs ou certificateurs : cela pourrait permettre d’éviter la multiplication des labels qui engendre l’illisibilité.
(1) La qualité en mouvement, 18 juin 2009.
Propos recueillis par Nathalie Samson
Juin 2009