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Obtenir un vrai 4/5e ? Pas si simple

Diminuer ses horaires de travail suppose un accord non « contraint » de sa hiérarchie. À défaut d’une négociation basée sur le principe du « donnant-donnant », la course d’obstacles commence…

Lorsque son fils est entré en maternelle, Hélène*, assistante de direction dans une société de transport, a négocié de ne plus travailler le mercredi. La partie n’était pas gagnée : l’entreprise est peu encline à augmenter ses effectifs. Or son emploi du temps est déjà chargé : ges­tion des appels d’offres, ­suivis budgétaires de cinq centres de profits, dossiers réglementaires… Elle sait qu’elle aura besoin d’un renfort. Mais aussi que son patron peut lui refuser sa demande, pour raison de service(1). « J’ai donc envisagé en amont de déléguer quelques dossiers de gestion courante à une secrétaire qui travaillait en appui avec moi. Elle était d’accord sur le principe. » Elle soumet sa requête et sa solution à son directeur général lors d’un entretien, tout en l’as­surant que le travail sera fait. Quinze jours après, celui-ci accepte, mais du bout des lèvres…

Manque de ressources. Quatre mois plus tard, Hélène travaille autant qu’avant : la secrétaire qui l’épaulait a été affectée à un autre service. Pire, elle se retrouve avec un gros chantier de réorgani­sation interne à gérer. Et quand, au cours d’un entretien, elle demande du renfort à son patron, celui-ci fait la sourde oreille. « Alors que je suis payée pour vingt-huit heures, j’en fais facilement cinq de plus dans la semaine. Je fais des journées continues, avec le sentiment de travailler à l’arraché. »

Le cas d’Hélène n’est pas atypique. Il est souvent difficile d’ob­tenir un renfort quand on souhaite travailler moins d’heures. « Cela peut très vite être perçu comme un désin­vestissement », estime ­Bertrand*, responsable mar­keting opérationnel, qui a pu obtenir d’emblée de travailler un jour de moins par semaine. Ses atouts : un recrutement par relation (il connaissait un peu le directeur) et sa juste estimation de son temps de travail. « Comme je postulais pour un emploi identique à celui que j’occupais, je savais que c’était viable en travaillant une journée de moins par semaine. J’ai d’ailleurs pré­féré pren­dre deux demi-journées dans la semaine pour assurer toujours une présence. » Pour persuader son directeur de sa bonne volonté, Bertrand lui a également garanti que le travail serait fait en temps et en heure, en se réservant la possibilité de revenir à temps plein si besoin…

* Les prénoms ont été changés.

(1) Sa demande de temps partiel ne relève pas d’un droit (congé parental, maladie…). Selon le code du travail, son employeur peut refuser sa demande à condition d’argumenter de faits objectifs, comme l’incompatibilité avec les rythmes de production ou l’absence d’emploi disponible.

 

Lydie Colders

Janvier 2008

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