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Le point de vue d’un patron : François Tabourot, DG de Mega International

« Je suis très vigilant à ce que les salariés ne sacrifient pas leur vie personnelle au profit du travail. »

Associé fondateur de Mega, une société de conseil dans l’architecture d’entreprise et la gestion des risques, François Tabourot sait ce que l’investissement dans le travail veut dire. « Pendant les dix premières années de la société, je travaillais tout le temps, week-ends compris. Je ne voyais pas comment j’aurais pu développer l’entreprise sans m’y consacrer à 100%. » Mais il se donnait les moyens de sa politique : célibataire, son engagement dans l’entreprise ne privait personne. Voit-il ces dix années comme du surinvestissement ? « Je dirais plutôt que je me suis investi au maximum de mes capacités », nuance-t-il. Depuis quelques années, la structure de la société (250 salariés) et l’expérience lui permettent de prendre du recul et de retrouver un équilibre de vie. Il est aujourd’hui marié et père de famille, fait de la musique et joue au tennis. « J’essaie de ne pas avoir un rapport pathologique au travail. En avançant en âge, on prend conscience qu’on est mortel. Vient un moment où l’on ressent l’impérieuse nécessité de donner un vrai sens à sa vie. »

Une frontière fragile. Le DG tient le même discours dans son entreprise. « Je reconnais que la frontière entre l’investissement et le surinvestissement est fragile, car le contexte économique est dur, l’entreprise très exigeante, et que, surtout dans des métiers intellectuels comme le conseil, le travail n’est pas seulement une source de revenu. Nous avons tous envie de nous épanouir dans une activité où nous passons un paquet de temps. Mais je suis très vigilant à ce que les salariés de Mega ne sacrifient pas leur vie personnelle au profit du travail. Je trouve malsain de se dire qu’on n’a pas vu grandir ses enfants. Cela développe de la rancœur vis-à-vis de l’entreprise. »

Manque d’organisation. François Tabourot n’attend pas de ses consultants qu’ils travaillent tous les week-ends. Pour lui, c’est plutôt le signe d’un manque d’organisation ou bien d’un déséquilibre personnel. « Chacun porte ses propres pathologies, mais l’entreprise peut jouer le rôle d’amplificateur des dysfonctionnements individuels. » Lui voit le surinvestissement comme un danger pour l’entreprise comme pour les salariés. « Faire du surinvestissement de quelques-uns la référence pour tous est dangereux. Je n’ai pas envie de diriger une société de divorcés ! »

 

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Marie-Pierre Noguès-Ledru

Février 2008

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