Selon Jacques Lonchamp, directeur du Fongecif Franche-Comté, les salariés désireux de se reconvertir doivent mener leur enquête sur les débouchés du métier avant de choisir une formation. Ce qui leur évitera de faire fausse route.
Quelles sont les priorités du Fongecif Franche-Comté ?
Elles sont de deux ordres. Nous privilégions, d’une part, les formations qualifiantes et diplômantes pour accéder à un niveau supérieur de qualification (environ un tiers des demandes), d’autre part, les reconversions externes, autrement dit, les personnes désireuses de changer d’entreprise et/ou d’emploi, et/ou de métier dans les six mois suivant la formation.
Quels services proposez-vous plus particulièrement aux personnes désireuses de se reconvertir ?
Pour qu’une reconversion réussisse, il faut une traduction rapide en termes d’emploi, sinon la formation devient obsolète. L’accompagnement, effectué par les conseillers en mobilité professionnelle du Fongecif Franche-Comté, doit donc être plus pointu et plus individuel. Nous recommandons d’ailleurs plus facilement un bilan de compétences dans cette situation. Pour cette raison, nous avons mis en place des sessions de mise en œuvre de projets professionnels, nommées « Access cible ». Elles sont animées par des professionnels anciens bénéficiaires de CIF et membre d’inten’Cif, la première association de bénéficiaires de CIF créée sur le plan national. Toutes les sessions se déroulent sur trois jours (non consécutifs) durant lesquels chacun est aidé à cibler les entreprises (grandes entreprises, PME, TPE…) susceptibles de l’accueillir en stage pratique et/ou en emploi. On travaille ainsi sur le « marché caché » de l’emploi (et non à partir des offres d’emploi), qui représente aujourd’hui 75 % des recrutements.
À l’issue d’une session, chaque personne rencontre une douzaine d’entreprises pour concrétiser son projet professionnel avec, comme objectif principal, environ six pistes de stage pratique et, à terme, trois pistes d’emploi. Les comptes rendus de ces entretiens constituent le cœur du dossier transmis au Fongecif Franche-Comté. Tout futur bénéficiaire de CIF doit ainsi « formaliser » son avenir professionnel.
Nous partons du principe qu’avant d’aller en formation, un futur bénéficiaire de CIF doit avoir le choix du lieu de son stage pratique, qui devrait lui permettre une concrétisation en termes d’emploi. Cet ancrage économique est le critère essentiel de l’acceptation des dossiers de CIF de reconversion.
L’âge est-il un critère déterminant ?
Le Fongecif Franche-Comté regarde avec attention l’ancienneté professionnelle plus que l’âge. Nous n’hésitons pas à donner sa chance à un jeune de 22 ans ayant quatre ans d’expérience, s’il a un solide projet de reconversion. Toutefois, les demandeurs de CIF sont de plus en plus jeunes : il y a vingt ans, la moyenne d’âge était de 33 ans, aujourd’hui elle est de 27 ans. Cela peut venir d’un changement de mentalité (les jeunes sont moins attachés à leur entreprise, convaincus qu’ils travailleront dans plusieurs entreprises au cours de leur vie professionnelle et feront peut-être plusieurs métiers).
Comment choisir sa formation ?
Le projet de formation n’est qu’un élément du projet professionnel. Les premières questions à se poser sont : que vais-je mettre en œuvre le lendemain de mon CIF ? Vais-je rester dans la même entreprise ? Dans le même secteur d’activité ? Des réponses à ces questions va directement dépendre le type de formation à suivre : simple perfectionnement professionnel, formation qualifiante et/ou diplômante.
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Propos recueillis par Nathalie Samson
Janvier 2006