14/10/2009 | 17H55
Le forum de discussion lancé par le syndicat des cadres est-il pornographique ? La direction semble le penser. Et l’interdit en interne. « Le site auquel vous tentez d’accéder est classé dans la catégorie ‘’ Sex, Adult Material ‘’ qui est une catégorie interdite car il ne présente pas, a priori, un intérêt professionnel. Si vous estimez qu’il est utile professionnellement, faites une demande argumentée de classement dans la rubrique des sites présentant un intérêt professionnel pour France Télécom auprès de votre DSSI (Délégué à la sécurité du système d’information). » C’est ce message qui apparaît sur la page d’accueil du site www.reagirensemble.com mis en place il y a sept jours… par la CFE-CGC pour que les salariés de France Télécom puissent témoigner et partager leur vécu.
Dialogue social ? « Comment peut-on prétendre au dialogue social en censurant les sites d’expression des salariés, commente un brin amer Sébastien Crozier, élu de la CFE-CGC/Unsa à France Télécom qui a par ailleurs quitté la table des négociations sur "le nouveau contrat social". Depuis quelques temps, nos messages sont qualifiés de ‘’junk mails’’. On nous dit que c’est dû à l’augmentation des contrôles de sécurité sur les spams. Et dans le même temps, l’entreprise envoie des communiqués en flot continu sur l’intranet… Il y a deux ans déjà, lorsque nous avons lancé l’observatoire sur le stress et les mobilités forcées, la direction avait censuré l'accès en interne. »
Échanges. Le site, sous forme d’un espace de discussions ouvert, permet aux salariés de partager leur expérience et leur perception sur la situation dans l’entreprise… Illustration avec ‘’Chevenement90’’ qui dénonce la fausse démission de Louis-Pierre Wenes (1) dans la discussion qu’il lance sur « les conditions d’une reprise de confiance ». Autre réaction récente, celle de yes_men qui commente la présentation du cabinet Technologia (cabinet expert d’indépendants chargé d’évaluer les risques professionnels) et s’interroge : est-ce une « opération de communication contrôlée par la direction ou [une] enquête ‘’scientifique’’ indépendante ? »
Même si les échanges sont encore peu nombreux, le site a le mérite d’offrir aux salariés la possibilité de dire ce qu’ils ont sur le cœur et pourrait marquer l‘émergence d’une communauté en ligne. Une voie nouvelle pour prendre la température sociale de l’entreprise. De l’extérieur du moins.
(1) L’ex-numéro 2 du groupe est toujours dans l’entreprise comme conseiller spécial de Didier Lombard, bien qu’officiellement démis de ses fonctions depuis le 2 octobre.
N.S.