Alors que certains salariés disposent désormais de 100 heures de formation au titre du DIF, la crainte de voir son budget s’envoler devient palpable. Conseils pour limiter les coûts.
1.Évaluer le coût du DIF
Selon les calculs d’Alain Frédéric Fernandez, le DIF peut – potentiellement – représenter entre 2,2 % et 3,6 % de la masse salariale, selon qu’il est suivi pendant le temps de travail ou en dehors. Une hypothèse « haute » basée sur l’idée que tous les salariés utiliseront leur DIF dans l’année et qui, dans la pratique, incite souvent les responsables de formation à anticiper, en « basculant » des formations non stratégiques du plan en actions DIF, pour maîtriser leur budget formation. « Même si pour l’instant il y a assez peu de demandes, mieux vaut anticiper. Plus les compteurs augmentent, plus les possibilités de se former sont intéressantes », observe Jean-Marie Lebéhot, responsable formation d’Elvir. À défaut d’historique interne, comment évaluer le coût potentiel du DIF ? « Regardez au plus près le plan de formation précédent. De combien d’heures de formation dispose chacun de vos salariés ? Quelles sont les formations qui ont été refusées ? Celles qui peuvent relever du DIF ? À partir de cette étude, on peut évaluer le nombre potentiel de demandes de DIF pour définir son budget », explique Christine Lhotte.
2.Profiter des fonds mutualisés
Premier réflexe à avoir si votre entreprise est couverte par un accord de branche : étudier les possibilités de cofinancements, via les fonds mutualisés du 0,5 % dédié à la professionnalisation : « En amont de l’élaboration du plan, rapprochez-vous de votre Opca pour connaître ses priorités et ses modalités de financement concernant le DIF, les périodes ou les contrats de professionnalisation », conseille Christine Lhotte. Reste que, souvent, mieux vaut ne pas compter sur ces aides pour absorber les coûts, notamment ceux du DIF. « En moyenne, la prise en charge des frais pédagogiques du DIF oscille entre 9,15 et 12 euros. C’est insuffisant pour financer une formation en totalité. L’entreprise devra dans la plupart des cas compléter avec son plan de formation », rappelle Alain-Frédéric Fernandez.
3.Créer une offre « DIF »
Autre solution pour maîtriser son budget formation : bâtir une offre DIF spécifique, avec des actions moins chères ou négociées avec des prestataires externes. « À terme, on peut aussi envisager de monter des formations intra-entreprises pour optimiser les coûts », suggère Christine Lhotte.
4.Modulariser les offres de formation
C’est l’alternative avancée par Alain-Frédéric Fernandez pour limiter les coûts : « En scindant une action de formation en plusieurs modules, on peut par la suite classer tel ou tel module dans l’une des trois catégories du plan. On peut ainsi espérer réduire le nombre d’actions d’adaptation, qui coûtent cher lorsque le salarié est remplacé pendant sa formation, mais aussi faire en sorte que les collaborateurs écoulent leur DIF. » Illustration ? « Dans un stage de vente destiné aux commerciaux, le module “Formation produit” demeurera de l’adaptation, “Savoir négocier” passera sous l’étiquette évolution des emplois et les cours baptisés “Découvrir les motivations des acheteurs” relèveront de l’évolution des compétences, et donc du DIF », expose le consultant. L’ingénierie est un peu complexe à gérer, mais est possible au regard de l’offre : avec la réforme, les organismes de formation ciblent de plus en plus leurs modules professionnels, et accentuent l’individualisation des parcours de formation.
Lydie Colders
Septembre 2009