« Le DIF fonctionne s’il est piloté » (Éric Dumartin, directeur formation Affinion)

PME spécialisée dans le marketing relationnel, la société Affinion a beaucoup fait parler d’elle pour sa stratégie active en matière de DIF. Bien que ne comptant que 130 salariés, cette filiale d’un groupe américain a instauré le dispositif dès 2005. Avec de bons résultats. Bilan en quatre étapes avec Éric Dumartin, directeur formation.

La question du temps de travail. « Dès 2005, à défaut d’un accord de branche couvrant l’ensemble de nos activités*, nous avons signé un accord d’entreprise permettant de recourir au DIF pendant le temps de travail pour les formations prioritaires liées au métier, les autres s’effectuant hors temps de travail. Dans nos centres d’appels, 80 % des chargés de clientèle sont des mères de familles, il aurait été impensable de leur demander de se former uniquement hors temps de travail. Et dans les faits, la totalité des formations DIF se déroulent aujourd’hui pendant le temps de travail. »

 

L’évolution de l’offre. « En 2005, nous avons testé un catalogue de 30 formations éligibles au titre du DIF, orientées sur le développement des compétences de nos chargés de clientèle et de nos développements personnel ou cours d’anglais… Après deux ans, on constate que la demande porte surtout sur des formations liées au métier du salarié. Cette année, nous avons donc recentré notre catalogue autour de quinze thèmes autour de la relation clients. Mais cela suppose aussi d’avoir une offre très pertinente et actualisée, ce qui n’est guère évident avec l’évolution rapide du Web. Nous travaillons donc aujourd’hui à la redéfinition de nos métiers pour mieux appréhender nos futurs besoins en compétences. »

 

Le recueil des besoins. « Pour moi, le DIF est un acte de management, qui doit permettre au manager et à ses équipes de négocier les besoins en formation utiles à la société. C’est pourquoi nous avons choisi l’entretien d’évaluation pour recenser les demandes. Notre accord d’entreprise prévoit deux périodes de « campagnes » de DIF, en janvier (début des entretiens) et en juin lors du suivi. À charge pour le collaborateur d’établir sa demande officielle ensuite avec un formulaire DIF. Ces campagnes sont relayées par affichage et le catalogue formation est accessible sur intranet. Dans les faits, le gros des demandes écrites arrive en mars, ce qui laisse neuf mois pour les départs en formation. C’est assez peu. Le DIF reste difficile à gérer. »

 

Le bilan des résultats. « Le DIF a très vite pris, car nos salariés sont très demandeurs de formation : en 2005 et 2006, nous avons financé 123 actions à ce titre, sur 125 demandes. 2007 est un peu moins bonne, avec 97 demandes recensées en octobre. Cela dit, nous avons aussi dû réduire la voilure pour des raisons budgétaires : la première année, grâce à une aide du fonds social européen, nous avons pu passer de 5 % et 9,5 % de la masse salariale en 2005 pour impulser le DIF. Aujourd’hui, notre budget formation s’élève à 4 % de la masse salariale.

 

* Affinion dépend de deux branches, celles du Syntec et des agences de voyages.

Propos recueillis par Lydie Colders

Juillet 2008

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