Peur du chômage, crainte de l’avenir ? Les Français (salariés et chefs d’entreprises) plébiscitent en tous les cas l’apprentissage et la formation professionnelle continue, selon une étude TNS Sofres (1).
Au détriment des formations générales, qui recueillent seulement 18 % des préférences des sondés. L’évolution de la considération des français pour les formations non directement liées à l’apprentissage d’un métier est très marquante. Seuls 23 % des salariés jugent ainsi l’université très utile, contre… 73 % en 1996. De même, l’enseignement secondaire est jugé durement : 35 % des sondés jugent la formation en lycée « très utile » contre 77 % en 1996 !
Qualification durable. Autre enseignement : la nécessité d’une mobilité professionnelle est entrée dans les esprits. 88 % des salariés pensent que les jeunes seront obligés de changer de métier plusieurs fois dans leur vie, contre 31 % en 1996… Allant de pair avec cette prise de conscience, une « bonne formation » pour 69 % des français est considérée comme permettant l’acquisition d’une qualification « durable », plutôt que de « trouver rapidement un emploi ».
Employabilité ? La formation représente principalement une nécessité pour s’adapter aux évolutions de son métier (pour les salariés, 47%) ou du marché (pour les chefs d’entreprise, 47% également), loin devant une source d’épanouissement (14% pour les salariés, 18% pour les chefs d’entreprise). Mais elle n’apparaît en aucun cas comme une garantie contre le chômage : 4 % seulement pour les salariés, 3 % pour les chefs d’entreprise. Paradoxe ? Pour un salarié sur trois tout de même, elle permet d’améliorer sa valeur sur le marché du travail. Enfin, 7% des chefs d’entreprise estiment qu’il s’agit… d’une obligation dont ils pourraient se passer.
Orientation. Enfin, la question de l’orientation des jeunes est primordiale : 88 % des salariés et chefs d’entreprises pensent que le développement l’orientation scolaire vers les secteur où il y a du travail est la solution la plus efficace pour protéger l’emploi. Avec en filigrane, tout de même, l’idée d’épanouissement personnel : 59 % des salariés et des chefs d’entreprise pensent qu’il est préférable qu’un jeune choisisse un métier qui correspond à ses goûts et à ses capacités même s’il n’y a pas beaucoup de débouchés. Un bémol dans une approche très « utilitaire » de la formation…
(1) Etude réalisée par l’Association des Régions de France auprès d’un échantillon représentatif de salariés actifs et de chefs d’entreprise et DRH d’entreprises de plus de 10 salariés.
Dominique Perez
Décembre 2008