1. L’université de Strasbourg et Advancia
Dans ce domaine, l’université Robert-Schuman, aujourd’hui université de Strasbourg (8 millions de chiffre d’affaires en formation continue) a été précurseur. En 2002, l’établissement, alors autonome, s’était déjà associé à Advancia, une des écoles de commerce de la CCIP (chambre de commerce et d’industrie de Paris), pour lancer un DESS achat international transformé depuis en master et proposé à Paris en formation continue.
“À l’époque, Advancia est venu vers nous pour créer une formation débouchant sur un diplôme national qu’elle n’était pas habilitée à délivrer. Nous avons répondu à cette sollicitation. Nous étions intéressés par la possibilité de nous développer hors de notre région et de toucher par ce biais de nouvelles entreprises. Nous assurons la sélection des candidats, et nous validons le contenu et les connaissances acquises par les participants. Concrètement, nous vendons une prestation à notre partenaire qui nous rémunère pour notre intervention”, détaille Marc Poncin, directeur du service de formation continue de l’université.
2. L’université Paris-Descartes et l’ESSEC
Depuis, d’autres universités ont emboité le pas à l’université de Strasbourg. C’est notamment le cas de Paris-Descartes (5,3 millions de chiffre d’affaires), partenaire de l’ESSEC dans son mastère spécialisé management des industries de santé où les deux institutions ont mis chacune leurs compétences spécifiques – l’ESSEC en management et stratégie, Paris-Descartes en économie de la santé et prospective – pour donner naissance à cette formation hybride, placée sous l’égide de la CGE (Conférence des grandes écoles). “Il s’agit plus d’une démarche personnelle, née de la volonté de responsables ayant pris l’habitude de travailler ensemble, que d’une stratégie délibérée d’établissements”, met en avant Gérard Viens, responsable du mastère spécialisé.
3. Un mastère spécialisé pour l’université Joseph-Fourier et Grenoble École de management
Même son de cloche de la part de Jean-Gabriel Valay, vice-président à la formation continue de l’université Joseph-Fourier (2,2 millions de chiffre d’affaires) qui, avec sa voisine, Grenoble École de management, a initié un mastère spécialisé en management des entreprises de biotechnologies.
Une nouvelle étape vient toutefois d’être franchie : le mastère spécialisé management et marketing de l’énergie, dispensé depuis septembre dernier à Grenoble, est le fruit d’une collaboration entre Grenoble École de management, Grenoble INP (l’école d’ingénieurs), l’université Pierre-Mendes-France, sollicitée pour son expertise en économie de l’énergie, un laboratoire du CNRS et des entreprises parties prenantes du pôle de compétitivité TENERRDIS (Technologies énergies nouvelles énergies renouvelables Rhône-Alpes, Drôme, Isère, Savoie). Ce cursus de quinze mois en alternance s’appuie en outre sur un solide réseau d’entreprises (Schneider Electric, EDF, ERDF-GRDF, Gaz-électricité de Grenoble…).
“L’intérêt de ces cursus est de mutualiser les compétences de chaque établissement dans une logique de complémentarité. Souhaitant répondre aux attentes des entreprises, nous irons certainement de plus en plus vers des propositions de formations pluridisciplinaires”, ajoute Jean-Gabriel Valay, qui souligne qu’une attention particulière devrait être accordée aux autres composantes du PRES grenoblois. Une manière de tirer les leçons de ces rapprochements avec les grandes écoles, pas toujours faciles à gérer ? Aux différences culturelles, s’ajoutent en effet les problèmes de financements à mutualiser pour initier ces nouveaux programmes, les universités n’ayant pas les mêmes moyens que les écoles…
Laurence Estival
Janvier 2011