Former plus en dépensant mieux. Tel est le credo des entreprises qui, sous la pression de la « guerre des talents » notamment, consacrent la moitié de leur budget aux formations dites « métiers ». Mais qui, paradoxalement, en mesurent toujours peu les retombées.
Les effets du choc démographique et de la « guerre des talents » commencent à se faire sentir en matière de formation. Selon une récente enquête de la Cegos (1), les entreprises consacre plus de la moitié de leur budget formation (54 %) aux formations métiers c’est-à-dire construites sur-mesure autour d’un savoir-faire détenu par l’entreprise (produit, technique du métier, process...). Ce chiffre grimpe même à 64 % dans les secteurs du commerce et du transport. Cible prioritaire ? Les nouveaux collaborateurs (96 % des réponses) loin devant les managers déjà en poste (77 %) et les non-cadres (71 %). Motif : « Il s’agit d’une conjonction du choc démographique et une accélération de la mutation des métiers, analyse Laurent Reich, manager du pôle déploiement métiers à la Cegos. Les entreprises vont forment beaucoup de jeunes recrues, plus vite. »
Former plus vite. Tel est le credo aujourd’hui avec comme principal critère de réussite, le caractère opérationnel de la formation (96 %). « Les entreprises cherchent aujourd’hui à optimiser leur budget formation métiers, souligne Laurent Reich. Dans il croit de 10 à 15 % par an. Elles cherchent aujourd’hui à freiner cette accélération. » Comment ? En innovant en matière de pédagogie et en diminuant les durées. Si le présentiel représente toujours 94 % des modalités privilégiées, il est suivi par l’accompagnement terrain (« on the job ») (69 %), le tutorat (64 %) et le e-learning (49 %). Le consultant y voit un terrain propice à la mise en place de solutions « blended » mêlant terrain, apprentissages en ligne...
Manque d’évaluation. Paradoxalement, alors que l’objectif est aujourd’hui clairement de gagner en efficacité, les dispositifs d’évaluation des formations en place demeurent peu nombreux. « Comment calculer le retour sur investissement dans ce cas ?, s’interroge . Laurent Reich qui souligne que le défaut d’évaluation pénalise en outre les responsables de formation dans leurs négociations budgétaires. » À bon entendeur…
(1) Enquête réalisée en avril et mai 2008 auprès de 160 responsables de formation d’entreprises françaises de plus de 1000 salariés.
Nathalie Samson
Juillet 2008