L’impact de la crise, bien réel dans les intentions d’embauche des PME pour 2009, n’affecterait guère leur investissement en formation, selon le dernier baromètre « Perspectives » de l’Agefos-PME. Avec la loi de 2004, TPE et PME seraient devenues davantage formatrices.
Malgré un contexte économique morose (27 % des PME anticipent un ralentissement sensible en 2009, 10 % envisageant de recruter, contre 18 % en 2008), leur investissement dans la formation n’en serait pas trop affecté, selon de le dernier baromètre « Perspectives emploi et formation » de l’Agefos-PME (1). Mais l’heure est tout de même aux restrictions : les trois quart des 502 TPE et PME sondées prévoient un budget formation identique à 2008, déjà réduit à la stricte obligation légale de financement de la formation. En 2009, ce recul serait plus massif dans les TPE de moins de 9 salariés (14 % envisagent de réduire leur budget) que dans les PME de plus de 50 salariés : un quart d’entre elles comptent en effet augmenter leur investissement formation l’année prochaine, selon l’étude. Un signal de bon augure, selon l’Opca interprofessionnel : « Avec la crise, on aurait pu craindre un effondrement des budgets de formation dans toutes les PME, mais cela n’est pas le cas », s’est réjouit Joël Ruiz, directeur de l’Agefo-PME. Des pronostics qui restent toutefois à confirmer, dans un contexte économique très instable.
Impact positif de la réforme de 2004
Dans ce baromètre annuel, l’Agefos-Pme s’est également intéressée à l’impact de la réforme dans les PME quatre ans après la loi sur la formation de 2004. Bilan ? Plutôt positif. La notoriété des dispositifs tels que le DIF (Droit individuel à la formation) ou le contrat de professionnalisation a fortement progressé : fin 2008, ces outils sont connus respectivement par 72 % et à 67 % des dirigeants de TPE et de PME. Si des efforts restent à faire concernant la mise en œuvre réelle du DIF (seuls 18 % de demandes recensées en 2008), la loi semble porter ses fruits : près d’un quart des TPE et PME sondées auraient fait évoluer leurs pratiques, en développant davantage de formations (35 %) et en améliorant leur organisation (33 %). En revanche, les deux tiers s’avouent sceptiques sur le recours à la formation hors temps de travail, confirmant la tendance générale observée dans toutes les entreprises.
Un paysage trop complexe
Alors qu’une nouvelle réforme se profile pour la fin de l’année, le système actuel de la formation professionnelle reste trop complexe pour les PME : 76 % des entreprises souhaiteraient en simplifier les dispositifs, « sans pour autant remettre en question ses fondements » précise Joël Ruiz. Parmi les attentes les plus fortes : davantage de solutions pour financer la formation (67 %), de conseils pour la mettre en œuvre et trouver une offre adaptée à leurs besoins (50 % des entreprises). Un quart des TPE-PME seraient ainsi prêtes à rémunérer leur Opca pour ce type de services.
(1) « Perspectives 2009 : emploi et formation dans les TPE-PME », Agefos-PME. 11 décembre 2008.
Lydie Colders
Décembre 2008