
Anousheh Karvar, secrétaire nationale chargée de la formation professionnelle à la CFDT
Innovante, mais complexe ; prometteuse, mais inachevée ? Un an après sa promulgation, la loi sur la formation provoque encore de nombreux commentaires et interrogations. Pourseformer.fr livre les réactions des principaux acteurs et observateurs. Cette semaine : Anousheh Karvar, secrétaire nationale chargée de la formation professionnelle à la CFDT.
“Rendre plus effectifs les partenariats entre les acteurs de la formation” (Anousheh Karvar, CFDT)
Le temps du bilan n’est pas encore venu. “Tout au plus peut-on formuler des regrets” à propos de la réforme de la formation, observe Anousheh Karvar, secrétaire nationale chargée de la formation professionnelle à la CFDT : une simplification insuffisante et des sujets non traités comme la nature de la contribution des entreprises ou l’articulation branches/territoires (1). Entretien.
“La réforme n’a rien simplifié : ni la gouvernance, ni le financement, ni les dispositifs de formation” (Jean-Patrick Gille, coauteur du rapport sur l’application de la loi du 24 novembre 2009)
Absence de simplification, non reprise dans la loi de la formation initiale différée, mais surtout “l’énorme gâchis” que représente la réforme de l’Afpa : tel est le bilan sévère de Jean-Patrick Gille, député (PS) d’Indre-et-Loire, coauteur du rapport sur l’application de la loi du 24 novembre 2009 avec Gérard Cherpion, député (UMP) des Vosges, à la veille de sa présentation à l’Assemblée. À peine concède-t-il “une bonne réactivité” des partenaires sociaux dans la mise en route du FPSPP. Entretien.
“La formation est désormais indissociable du parcours professionnel” (Marie-Christine Soroko, Fédération de la formation professionnelle)
“Former pour former” n’est plus d’actualité. La nouvelle réforme de la formation le confirme en consacrant, dans le prolongement de celle de 2003-2004, la notion de parcours professionnel. La question de l’évaluation de la formation est cependant la grande absente de cette réforme, souligne Marie-Christine Soroko, déléguée générale de la FFP (Fédération de la formation professionnelle). Entretien.
“Les enjeux d’anticipation, de mobilités et de transitions professionnelles se jouent sur les territoires” (Pierre Ferracci, Groupe Alpha)
Pierre Ferracci, président du cabinet de conseil Groupe Alpha, a présidé en 2008 le “groupe multipartite” dans le cadre de la préparation de la réforme de la formation professionnelle. FPSPP, réforme des Opca, positionnement de l’État et des régions… Un an après la promulgation de la loi du 24 novembre, il dresse un premier bilan. Entretien sans concession.
“Aujourd’hui, il n’y a pas de pilote dans l’avion. C’est du gaspillage.” (Jean-Paul Denanot, président de la commission formation professionnelle de l’ARF)
Les régions sont-elles les grandes oubliées de la réforme de la formation professionnelle ? “Certainement”, répond Jean-Paul Denanot, président (PS) du conseil régional du Limousin et président de la commission formation professionnelle de l’Association des régions de France (ARF), qui déplore la politique “centralisatrice” du gouvernement. Entretien.
“Une réforme plus profonde qu’il n’y paraît” (Stéphane Lardy, FO)
Un an après sa promulgation, le bilan de la loi du 24 novembre 2009 sur la formation, que tire Stéphane Lardy, secrétaire confédéral de Force ouvrière, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle et vice-président de Pôle emploi, est plus que contrasté. Il dénonce la mise sous tutelle des partenaires sociaux et la centralisation du pilotage de la formation par l’État. Et se dit prêt à passer à l’offensive. Entretien.
Février 2011