En 20 propositions, un rapport du CESE (Conseil économique, social et environnemental) préconise notamment de mieux articuler la formation initiale et la formation continue, et d’axer les efforts des pouvoirs publics sur une orientation plus efficace de tous les publics. Il propose également de faire du plan de formation une occasion de dialogue social et recommande de ne pas oublier certains acteurs économiques dans la «gouvernance» de la formation professionnelle.
Établissant un bilan globalement positif de la réforme de 2009, en estimant qu’elle va dans le bons sens, le CESE recommande cependant une accélération de la mise en œuvre d’un certain nombre de ses mesures. En particulier, «la structuration d’un service public de l’orientation tout au long de la vie doit être accélérée» par une mise en réseau des professionnels de l’orientation, qui est encore en chantier. L’offre de formation diplômante, par le biais notamment des formations en alternance, devra également être renforcée dans les universités, qui possèdent «de réels atouts dans ce domaine». Une démarche devant s’accompagner, là encore, d’une meilleure organisation de l’information auprès de tous les publics, «grâce à un accueil plus personnalisé» ainsi qu’à «une adaptation de leurs calendriers et horaires de formation».
Côté entreprises, le CESE souhaite que la réforme des OPCA apporte un vrai plus pour la formation des salariés des PME-PMI, en recommandant que les premières COM (conventions d’objectifs et de moyens) soient négociées en «priorisant l’objectif de développement du service de proximité et de conseil […] plutôt que la réduction des frais de gestion».
Intégrer les oubliés de la gouvernance de la formation…
Le CESE met le plan de formation sur le devant de la scène, en souhaitant qu’il participe au dialogue social dans l’entreprise. «Son élaboration est aujourd’hui assurée sous la responsabilité pleine et entière de l’employeur, après consultation du comité d’entreprise dans les entreprises de 50 salariés et plus.» Autre préconisation teintée de volonté politique, le CESE souhaite que des représentants de «larges pans de l’activité économique-agriculture, professions libérales, économie sociale et particuliers-employeurs», actuellement «hors champ», soient intégrés dans la gouvernance des instances nationales de la formation professionnelle, en raison de «l’absence de reconnaissance de représentativité de leurs organisations patronales au niveau interprofessionnel national». Des oubliés de la formation qui, pourtant, apportent «une contribution financière importante»…
Dominique Perez
Décembre 2011