A l’occasion du sommet sur la crise (ou sommet social) organisé le mercredi 18 janvier, le Président de la République a promis “une réforme en profondeur du dispositif de formation professionnelle” et “une réforme radicale” de la formation des chômeurs de plus de deux ans. Après avoir présenté des mesures d'urgence d'un montant total de 430 millions d'euros pour enrayer le chômage et favoriser le recours au chômage partiel.
A l’issue du sommet sur la crise qui s’est tenu à l’Elysée le mercredi 18 janvier avec les partenaires sociaux, le président de la République a annoncé à la fois, “une réforme en profondeur de notre système de formation professionnelle” sans plus de précisions, et “une réforme radicale et sans précédent de la formation des demandeurs d’emploi très éloignés de l’emploi”, c’est-à-dire ceux totalisant “au moins deux ans de chômage”. Tous ces chômeurs “sans exception se verront proposer soit une formation, soit un emploi dans le cadre de contrats aidés, soit un processus de resocialisation”, a précisé Nicolas Sarkozy, qui a également confié à l’ancien ministre du Travail, Gérard Larcher, une mission de deux mois sur la formation des demandeurs d’emploi. Une enveloppe de 150 millions d’euros sera affectée par l’Etat à ce plan de formation des chômeurs. Les effectifs de Pôle emploi doivent être également renforcés par l’embauche de 1.000 CDD.
Chômage partiel et formation. Il faut également “tout faire pour éviter de couper le lien entre le salariés et son entreprise” en cas de difficultés de cette dernière. Le gouvernement mettra donc l’accent sur le développement de la formation en période de chômage partiel (140 millions d’euros).
Jeunes de moins de 26 ans. Le chef de l’Etat propose également la suppression pendant six mois des charges liées à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans dans les TPE (très petites entreprises de moins de dix salariés). Cette mesure figurait dans le rapport remis au président de la République la semaine dernière par le député Alain Joyandet (UMP). Son coût devrait être de “plus de 100 millions d'euros”, selon l'Elysée.
Redéploiements de crédits
L’ensemble des mesures préconisées seront financées par des “rédeploiements” de crédits déjà existants afin de “ne pas accroître nos déficits” abondés par le Fonds social européen, et les fonds paritaires qui gèrent la formation des salariés, c’est-à-dire le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels). Ce Fonds, alimenté par un pourcentage (10 %) des contributions “formation” des entreprises via les Opca/Opacif a déjà engagé sur trois ans (2009, 2010, 2011), 1,5 milliard d’euros pour la formation de 572.000 demandeurs d’emploi et salariés en chômage partiel. L’affectation de ses ressources pour 2012 est en cours de discussion entre l’Etat et les partenaires sociaux. “Il est certain qu’on va nous demander un nouveau coup de pouce sur la R2F (rémunération de fin de formation) notamment”, précise Stéphane Lardy (FO) à la sortie du sommet social.
Le patronat satisfait, des syndicats sceptiques
La présidente du Medef s’est plutôt montrée satisfaite à l’issue de ce sommet même si “les discussions restent ouvertes” dans les prochaines semaines sur les différents points abordés. Les syndicats de salariés sont, eux, beaucoup plus sceptiques : “Ces mesures n’auront aucun impact sur l’emploi”, estime le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, qui déplore “le manque d’annonces précises.” Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque salue “quelques mesures utiles”, mais regrette “le flou” entourant le financement de ces annonces qui globalement “ne vont pas assez loin”. “Sur certains points comme le chômage partiel, nous avons eu des réponses”, souligne Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Mais, comme ses homologues syndicaux, il attend les rencontres annoncées dans les prochaines semaines avec le chef de l’Etat pour en savoir plus sur le contenu de ce plan.
Valérie Grasset-Morel
Janvier 2012