Le DIF portable va-t-il décoller en 2011 ? Les organismes paritaires collecteurs agréés et Pôle emploi s’y préparent pour les demandeurs d’emploi.
Courant 2010, les OPCA n’ont pas tardé à recevoir des demandes de la part de chômeurs munis de leur certificat de travail qui souhaitaient bénéficier, spontanément ou envoyés par Pôle emploi, de leur DIF. Un afflux de demandes d’information qui se sont peu transformées en demandes de formation, essentiellement par abandon des candidats : enveloppes trop faibles, formations trop courtes de type Caces…
La peur du rush financier tant redoutée ne s’est donc pas concrétisée pour le moment. “Nous n’avons reçu qu’une quinzaine de demandes de formation transmises par Pôle emploi que nous honorons conformément à la décision prise par nos partenaires sociaux”, commentait fin 2010 Jean-Marie Marx, directeur général de l’Agefaforia, l’OPCA du secteur agroalimentaire. Qu’il s’agisse d’un pétard mouillé ou d’une crainte fondée, OPCA2 (l’OPCA des coopératives agricoles notamment) a pris une décision conservatoire dès le mois de février 2010 pour débloquer le capital dont dispose un salarié dans ce cadre, pour un projet validé par Pôle emploi. “Pas question en effet de laisser un demandeur d’emploi à la recherche d’une formation ballotté entre Pôle emploi et l’OPCA”, expliquait, en mai 2010, Philippe Jaumeau, délégué général d’OPCA2.
Le déséquilibre financier ne sera pas provoqué dans les prochains mois par le DIF portable, à condition toutefois de le mettre sous observation. La mise en place par Pôle emploi de l’AIF (aide individuelle à la formation), qui permet d’abonder le DIF portable à hauteur de 1 500 €, dans la limite du coût total de la formation, risque en effet, à terme, de donner des ailes au DIF portable et de coûter très cher aux OPCA !
Pour connaître les réactions des principaux acteurs et observateurs de la réforme, lire notre dossier "La réforme de la formation : ce qu'ils en pensent".
Valérie Grasset-Morel
Février 2011