La création d’entreprise du parc Vitam, à Etrembières (Haute Savoie), a été l’occasion de mettre en place un programme ambitieux de recrutement et de formation, dans le cadre du CARED (contrat d’aide et de retour à l’emploi durable) initié par le conseil régional. Claude Deffaugt, directeur du parc, nous explique comme il a utilisé le dispositif.
Comment avez-vous eu l’idée de faire appel au CARED ?
Nous avons ouvert, le 9 septembre 2009 un centre de « bien-être pour tous », comprenant un centre de loisirs, une galerie commerciale attenante et un centre de conférences. Nous avons fait appel à différents partenaires, conseil régional et Pôle emploi pour faire face à un besoin de personnel spécialisé dans le domaine de la remise en forme, des sports et du bien-être. Il s’agissait dans le cadre de ce site, qui va créer en tout 350 emplois, de recruter environ 150 personnes, dans le domaine des sports aquatiques, de la remise en forme, de l’escalade, de missions d’accueil et de missions d’entretien.
Quelles étaient les difficultés spécifiques de ces recrutements ?
Nous devions recruter pour la pleine saison 60 maîtres nageurs-sauveteurs. Si nous les recrutions sur l’ensemble de la Haute-Savoie, nous aurions déstructuré la demande en terme d’emplois, c’est-à-dire « déshabiller » toutes les piscines… Or nous souhaitons nous intégrer sur le territoire avec harmonie. Nous avons donc lancé le premier CARED pour les maîtres nageurs sauveteurs, pour former des futurs salariés à ce métier. Pour les deux autres opérations de recrutement, la logique était autre. Nous avions besoin d’agents polyvalents (missions d’accueils) et d’entretien. Nous nous sommes dit que pour ce type d’emplois, si on s’y prenait suffisamment à l’avance, on pourrait recruter des personnes à proximité et les former à ces métiers.
Comment avez-vous procédé ?
Nous avons communiqué par annonces dans le journal local en invitant les personnes intéressées à assister à des réunions d’information. Nous avons eu en moyenne 200 personnes lors de ces rencontres. Celles qui étaient intéressées passaient par des sortes d’ateliers de mise en situation pour être sélectionnées. Nous avons fait fi des éléments habituels de sélection, c’est-à-dire CV, formation initiale, parcours professionnel…La conjonction de leur volonté à entreprendre et les résultats obtenus dans ces mises en situation nous ont amené à nous engager avec un certain nombre d’entre elles.
Comment s’est organisée la formation ?
Nous avons travaillé en triumvirat avec le conseil régional et pôle emploi : nous avons choisi ensemble les organismes formateurs, les recrues sont parties en formation pendant six mois, en percevant une rémunération Assedic, et avec une promesse d’embauche en CDI à temps plein. Avec au bout une qualification reconnue.
Qu’en retenez-vous aujourd’hui ?
Ce que j’ai trouvé très intéressant, c’est que c’était un vrai projet collectif. Aujourd’hui, on a le monde de la formation d’un côté, les personnes qui recherchent un emploi et l’entreprise de l’autre, et chacun vit sa vie, la formation essaie de comprendre ce que veut l’entreprise, et il peut y avoir beaucoup de désillusions. Alors que là, en amont, il y a eu l’ingénierie d’un projet avec des parties prenantes, avec des rencontres et la volonté commune d’investir utile. C’est moins mécanique, il y a une émulation. Cela a créé des liens, nous avons désormais des relations différentes avec Pôle emploi…
Propos recueillis par Dominique Perez
Octobre 2009