Inquiets pour leur avenir, les salariés souhaitent avant tout sécuriser au maximum leur vie professionnelle. C’est l’un des enseignements d’un récent sondage réalisé par BVA pour l’Observatoire du travail et de l’emploi de BPI et l’Express*.
Les effets de la crise apparaissent avant tout sur la feuille de paie des salariés. 43 % seulement d’entre eux se déclarent très ou plutôt satisfaits de leur rémunération, contre 65 % en septembre 2007. Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, les salariés ne ressentent majoritairement pas d’influence négative de la situation actuelle sur le contenu de leur travail (82 % s’en déclarent satisfaits), l’ambiance (79 %) ou même la charge de travail ( 70 % , contre 72 % en 2007).
Une crainte palpable. C’est l’avenir, plus que le présent, qui semble préoccuper les salariés. Particulièrement certaines catégories, les cadres se montrant plus confiants pour l’immédiat. Si 48 % seulement de l’ensemble est satisfait des possibilités d’évolution au sein de leur entreprise, ce taux monte à 72 % pour les cadres, et chute à 41 % pour les employés.
À l’horizon de deux ans, l’inquiétude monte nettement : 37 % seulement des salariés pensent qu’ils travailleront au même poste qu’actuellement dans la même entreprise, contre… 47 % en juillet 2008. Et seulement 15 % comptent sur une promotion. La peur de perdre son emploi ou d’être rétrogradé est palpable : 38 % des salariés pensent qu’ils sont directement exposés à une perte d’emploi ou de statut dans les mois à venir, le taux grimpant à 47 % chez les ouvriers, contre 32 % pour les professions intermédiaires et 47 % pour les cadres. Plus inquiétant encore, le sentiment d’avoir peine à retrouver un emploi de même nature en cas de perte de son travail actuel prédomine : 66 % des salariés pensent que cela sera difficile ; les professions intermédiaires étant les plus tendues (71 % craignent cette difficulté).
La formation a la vent en poupe. La sécurisation de son parcours professionnel passe très nettement par la formation professionnelle, dans le but de se reconvertir. 81 % des salariés sont prêts à suivre une formation professionnelle pour atteindre ce but, et 52 % à reprendre leurs études.
*Les salariés face à la crise économique et financière, sondage réalisé par internet pour l’Express en partenariat avec BPI, auprès de 1000 salariés des secteurs publics et privés, interrogés entre le 19 et le 26 février 2009.
Dominique Perez
Avril 2009