« On observe un réel décrochage entre les salariés et les directions générales, DRH inclus » (Fabrice Lacombe, Michael Page France)

Les salariés et les DRH ne sont pas sur la même longueur d’onde, pointe une enquête menée par Michael Page qui met en évidence leurs différences de perception sur l’entreprise et le marché de l’emploi. L’éclairage de Fabrice Lacombe, président de Michael Page France.

Satisfaction des salariés à l’égard de leur situation professionnelle en baisse, augmentation ressentie du niveau de stress… La vision des salariés est plus inquiète que celle des DRH…

Derrière un niveau de satisfaction relativement élevé (73 % des salariés sont très ou plutôt satisfaits de leur situation professionnelle), on observe un décrochage par rapport à d’autres enquêtes menées en 2006. Ce signal, assez inquiétant, ne semble pas encore avoir été pris en compte par les DRH : 84 % estiment en effet que leurs collaborateurs ont un regard positif sur leur situation. Ce décalage est encore plus marqué quand on s’intéresse au stress : 63 % des salariés sondés le ressentent alors que les DRH ont tendance à le sous-estimer. Du coup, seulement 38 % des salariés estiment être soutenus par les DRH quand 90 % des DRH ont l’impression de les aider. D’une manière générale, on observe un réel décrochage entre les salariés et les directions générales, DRH inclus. Cette coupure s’exprime aussi par le fait que 36 % des salariés souhaitent quitter leur entreprise dont 36 % d’entre eux le plus rapidement possible…

Seulement 38 % des salariés estiment être soutenus par les DRH quand 90 % des DRH ont l’impression de les aider

Comment expliquer cette situation ?

Dans les sources d’insatisfaction mises en avant par les salariés, les questions de rémunérations ont une place importante. 76 % des sondés souhaitent « travailler plus pour gagner plus ». 68 % voudraient pouvoir effectuer des heures supplémentaires rémunérées – à ce titre, 69 % d’entre eux estiment en faire déjà sans compensations financières - et 67 % sont prêts à renoncer à des jours de RTT. La position des DRH sur ce sujet semblerait dépendre à la fois des incitations fiscales et de la capacité de leur entreprise à financer le rachat des RTT. Si 75 % d’entre eux sont près à recourir à des heures supplémentaires rémunérées, seuls 38 % se disent prêts à racheter les jours de RTT.

 

La rémunération est-elle le seul élément qui explique l’insatisfaction des salariés ?

Au-delà des aspects financiers, notre enquête permet aussi de mettre en avant le manque de reconnaissance dont se plaignent des salariés. Si 57 % d’entre eux estiment que le travail est avant tout un moyen de gagner sa vie, 24 % pensent que c’est aussi un moyen de se réaliser, ce que seul 9 % des DRH ont intégré.

Laurence Estival

Avril 2008

Haut de page

Pour se former.fr en 1 clic !

Pour se former.fr en 1 clic !