Travailler plus vieux, mais sous conditions

La question de l’allongement de la vie au travail divise les Français : 50 % l’envisagent sereinement mais 49 % la redoutent selon un sondage de l’ANACT*, présenté à l’occasion de la Semaine de la qualité de vie au travail, organisée du 31 mai au 10 juin.

“On assiste à une véritable partition des Français sur la question de l’allongement de la vie au travail”, souligne Jean-Baptiste Obéniche, directeur général de l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail). D’après notre étude , un Français sur deux l’envisage manière positive. Les jeunes (77 %) et les cadres (59 %) sont les plus sereins, à la différence des salariés proches de la retraite et des fonctionnaires (58 % pour ces deux catégories). Plus les sondés sont satisfaits de leur emploi actuel, plus ils sont optimistes pour l’avenir.

La santé, principal motif d’inquiétude pour 55 % des Français. Surtout pour les ouvriers (71 %), les salariés du BTP (71 %) et ceux qui travaillent en alternance de jour et de nuit (69 %). Cette crainte porte surtout sur les risques physiques et le stress. Jean-Baptiste Obéniche remarque que les entreprises sont également préoccupées de leurs salariés vieillissants : “Elles redoutent les maladies liées à l’âge, comme les cancers de la prostate, qui interviennent souvent entre 58 et 60 ans, et se sentent démunies face à ces situations parfois nouvelles pour elles.”

57 % estiment qu’ils pourront continuer à développer leurs compétences jusqu’à la fin de leur carrière, surtout les cadres (69 %). Une information utile pour les employeurs qui hésitent à investir dans la formation des seniors… Une même proportion estime pouvoir rester impliquée dans son travail jusqu’à la retraite. Pour 70 % des salariés, le premier frein au développement des compétences et à une implication durable est la place accordée à leur vie personnelle. “C’est la première fois que cette demande s’exprime aussi fortement. Il est donc urgent de réouvrir le chantier sur les rythmes de travail, l’aménagement des horaires, et  également sur l’usage du télétravail”, observe Jean-Baptiste Obéniche.

 

*Sondage réalisé par le réseau ANACT et l’institut TNS Sofres auprès de 800 salariés, interrogés par téléphone ou à leur domicile, du 21 au 29 mars 2011.

Valérie Grasset Morel

Juin 2011

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