« Les entreprises n'anticipent pas assez » (François Enius, coach en gestion du changement)

Tel est le point de vue de François Enius, coach en gestion du changement. Entretien.

Comment lever la résistance au changement ?

En anticipant ! Le problème, c'est que, souvent, l'entreprise ne se préoccupe de la mobilité de ses collaborateurs que lorsqu'elle est confrontée à l'impératif de les faire bouger. Mais il ne suffit pas, alors, de déployer une batterie d'outils RH pour que ça marche ! Il faut se préoccuper de la question, en encourageant régulièrement les salariés à changer de services ou de postes. Trop fréquemment, leur évolution professionnelle est négligée au moment des entretiens annuels. Or plus ils auront été conduits à changer de poste, plus ils seront prêts à se reconvertir. Aujourd'hui, l'entreprise les met trop souvent devant le fait accompli. Ils n'ont aucune raison d'adhérer s'ils n'ont jamais été écoutés dans leurs souhaits d'évolution !

Comment y remédier ?

La réponse est plus du côté des directions générales que des RH. Il faut que les dirigeants soient convaincus de la nécessité d'investir à long terme sur la mobilité. Les investissements formation sont encore trop perçus comme des variables d'ajustement. Il faut mettre en place une politique de GPEC pour anticiper ces changements. Et accepter de faire un effort au niveau des budgets des managers. Ceux-ci accepteront mieux de laisser partir un collaborateur ou d'en intégrer un nouveau si leurs objectifs sont revus à la baisse l'année suivante, le temps que les collaborateurs deviennent opérationnels. Un message difficile à faire passer aux directions générales dans le contexte actuel.

Propos recueillis par Lydie Colders

Avril 2009

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