Surfant sur la vague du « bien-être » au travail, différentes initiatives voient le jour. Le ministère du Travail d'un côté, et le groupe Malakoff-Médéric (en partenariat avec Demos) de l'autre, ouvrent des sites Internet sur ce thème à destination des décideurs, RH et managers en entreprise.
« La santé de l’entreprise va de pair avec celle des salariés. Nous avons aujourd’hui l’ambition de mailler les trous dans le paysage de la prévention française ». Voici l’objectif affiché par Guillaume Sarkozy, le délégué général du groupe Malakoff-Médéric, numéro deux de la prévoyance et de la santé en France. Ce 14 janvier, il lançait en effet son site internet - www.sante-entreprise-malakoffmederic.com-, conçu comme une plate-forme de services dédiée à la prévention santé en entreprise et destinée aux dirigeants, aux partenaires sociaux, et aux médecins du travail.
Une date qui ne doit rien au hasard, puisque ce même jour le ministère du travail officialisait son propre site d’informations sur la santé, la sécurité et les conditions de travail, www.travailler-mieux.gouv.fr (lire plus loin). Un site sur lequel on peut notamment consulter le rapport du professeur William Dab sur la formation des managers et ingénieurs en santé au travail, remis à
Xavier Bertrand, en mai 2008.
Un sujet à maturité. Après des années d’études et de multiples alertes diffusées par les experts ou observateurs des risques professionnels et psychosociaux dans les bureaux et les ateliers, après la conférence sociale sur les conditions de travail réunie par Xavier Bertrand en octobre 2007, et après l’ANI sur le stress paraphé en novembre dernier par les partenaires sociaux, le sujet arrive quasi à maturité. Place à l’action. Le groupe Malakoff-Médéric, géré paritairement, s’engouffre donc aujourd’hui dans la brèche ouverte pars les attentes des salariés et des DRH en la matière (1). L’astuce, face à la concurrence, c’est d’avoir échafaudé depuis l’été dernier une offre intégrée, en partenariat avec le groupe Demos, généraliste des formations en entreprise.
Un partenariat assureur/formateur. Outre le rappel et l’actualisation fort utile des contraintes réglementaires et des contact, le site propose des autodiagnostics (tabac, nutrition...), des guides méthodologiques élaborés par ses propres experts, des dossiers thématiques, des cas concrets, ainsi qu’un catalogue de 50 stages de l’organisme Demos. Intitulé « Enjeux et santé au travail », on y trouve des modules classiques, sur les conduites addictives, les TMS, la gestion de l’absentéisme et du handicap, la maîtrise du stress, etc. « Ces formations courtes d’un jour ou deux, ou les séminaires sont accessibles par le Dif », précise Jean Wemaëre patron de Demos, qui estime à 10 000 le nombre de stagiaires sur ces thèmes par an.
Une vocation pédagogique. Le ministère s’est quant à lui livré à un véritable travail de pédagogie, en éclairant de façon simple mais avec les meilleurs experts les risques liés au travail. L’accent est ici mis sur la sécurité au travail. Accidents physiques, stress, risques divers pour chaque métier… des moyens de prévention sont à chaque fois présentés. La promenade dans une entreprise virtuelle permet d’acquérir des méthodes et outils pour la prévention.
Le site est destiné aux dirigeants d’entreprise (particulièrement PME/TPE), aux comités d’entreprise et aux salariés…
Une tête de réseau. « Il faut penser globalement, lier les valeurs santé aux modes de vie et aux profils sociaux », explique Anne-Sophie Godon, promoteur du site proposé par Malakoff-Médéric et à la tête de la nouvelle direction de la prévention. « Avec l’entreprise, nous sommes dans une la relation médecin/patient. Dans cette idée, nous songeons déjà à nous développer sur des programmes sportifs, et à proposer des outils de dépistage ». C’est pourquoi le groupe de prévoyance a multiplié les partenariats avec les associations, instituts (Anact, Cnam, etc.) et cabinets de médecins du travail en pointe sur ces sujets de bien-être. Ce qui constitue un point d’entrée pour l’assureur auprès des branches professionnelles. De leur côté, les commerciaux du groupe qui démarchent les employeurs sont sensibilisés à faire « de la pédagogie de la prise de conscience ».
Des économies pour l’employeur. « Travailler sur la prévention, c’est gagner 2 ou 3 points de productivité. Pour un euro dépensé, c’est 3 euros de récupérés si le programme est efficace », expose Guillaume Sarkozy. Le coût d’une santé déficiente au travail équivaut en effet à 17% de la masse salariale d’après une étude réalisée au Canada. Les prestations proposées sont autofinancées par les cotisations versées par les entreprises à l’assureur. L’objectif à moyen terme, serait de les diminuer, selon un principe de bonus pour les meilleurs élèves de la prévention et de malus pour les plus mauvais. À condition toutefois de savoir mesurer l’impact positif chez les clients, une véritable « obsession » pour le délégué général du groupe de prévoyance. Ses équipes réfléchissent au meilleur baromètre possible. Aujourd’hui, il se contente de vouloir « contenir les primes ».
(1) Selon le baromètre Ifop 2008 sur la santé au travail, 55% des DRH et 75% des salariés jugent l’enjeu de la santé au travail comme très important. Et 84% des salarié observent la montée des problèmes liés aux risques psychologiques : absentéisme, difficultés relationnelles avec les collègues, conflits avec la hiérarchie. Accessible sur le site Malakoff-Médéric.
Marie-Madeleine Sève
Janvier 2009