Tout irait-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Si, selon l’Apec, le contexte de l’emploi des plus de 50 ans n’a jamais été aussi bon, il leur est encore souvent difficile de retrouver un emploi après un accident de parcours.
Le marché de l’emploi cadre se porte toujours au mieux. L’Apec elle-même utilise le terme de « plein-emploi », caractérisant le faible taux de 3,8 % (125 000) de chômeurs dans cette catégorie. Le contexte de l’emploi des cadres de plus de 50 ans n’a sans doute jamais été aussi bon. Entre 2001 et 2007, le recrutement de cette catégorie a quasiment doublé, nous dit l’Apec. Après le tout début des années 2000, et le recrutement frénétique de jeunes diplômés pour faire face à la pénurie, les entreprises sont revenues aux valeurs sûres, en se tournant plus volontiers vers les confirmés (plus de cinq ans d’expérience), ce qui a bénéficié également aux plus de 50 ans. En 2007, ces derniers ont ainsi représenté 6 % de l’ensemble des recrutements, contre 3 % en 2001.
Une plus grande fidélité. S’ils ne sont pas très représentatifs dans les recrutements, sur le marché du travail, ceux que l’on appelle les « seniors » sont désormais plus nombreux (30 % des effectifs cadres) que les moins de 30 ans (11 %). Plus fidèles, souvent très impliqués, ils ne posent pas de soucis majeurs aux entreprises une fois en poste, bien au contraire. Ils ne sont pas plus victimes de licenciement que les autres cadres, contrairement aux idées reçues. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pourquoi présente-t-on cette tranche d’âge comme problématique ? Parce que ce qui distingue les « seniors » est leur difficulté à retrouver un emploi après une rupture professionnelle. C’est là que se joue la véritable inégalité, qui se traduit dans les chiffres : leur taux de chômage est de 6,4 %. Comme si les entreprises ne reconnaissaient pas, une fois passé un certain âge, le droit à la mobilité professionnelle. Et si la situation s’est améliorée pour les moins de 55 ans (50 % de retour à l’emploi à 12 mois), elle empire pour les plus âgés, avec un taux de 40 % seulement.
Plan emploi senior. Les nouvelles mesures proposées par le gouvernement et actuellement en discussion contribuent, à défaut peut-être de le résoudre, à mettre l’accent sur une problématique qui risque de s’accentuer si les mentalités ne changent pas. À l’horizon 2050, plus du tiers de la population française sera âgée de plus de 60 ans. À quel âge alors sera-t-on considéré comme senior sur le marché de travail ?
Dominique Perez
Mai 2008