Paradoxales, les entreprises françaises ? Dans une étude publiée par Mercuri Urval, 60 % d’entre elles affirment avoir peu changé leur regard sur la question de l’employabilité des seniors depuis la publication du décret du 20 mai 2009 sur le sujet… et pourtant annoncent, pour 70 % entre elles, des nouvelles mesures concernant ce thème !
Six mois après l’entrée en vigueur du dispositif visant à favoriser l’emploi des seniors, force est de constater qu’en effet des mesures concrètes sont en train d’être prises, malgré l’échec des accords de branches (97 accords seulement sur 700 branches professionnelles). D’après l’étude menée par Mercuri Urval (1), les entreprises ont donc en grande majorité conduit des débats pour aboutir à des accords négociés (51 %) ou un plan seniors ? (42 %), et très peu (environ 2 %) ont choisi de payer la pénalité de 1 % prévue par le décret.
Le recrutement de seniors envisagé. Parmi les mesures annoncées, priorité est donnée à l’anticipation des évolutions professionnelles par la mise en place d’un plan seniors et d’actions de formations spécifiques pour les seniors (77 %). Viennent ensuite les transferts de compétence (tutorat), à 70 %, la mise en œuvre d’actions de préparation au départ (52 %) et l’amélioration des conditions de travail (45 %). La bonne « surprise » réside dans l’engagement des entreprises sur des objectifs de recrutement de seniors, ou de quotas d’embauche (26 %). Reste à savoir si elles passeront à l’acte… Car les actions déjà réalisées concernent avant tout les entretiens de mi-carrière (à 67 %), mais bien peu encore (6 %) le recrutement. Autre élément intéressant : 80 % des entreprises déclarent ne pas avoir de difficultés à faire travailler ensemble les plus de 50 ans et la fameuse « génération Y »…
(1) Résultats d’une enquête réalisée auprès d’un panel de 95 entreprises clientes et prospects du cabinet Mercuri Urval de tous secteurs et de toute tailles.
Dominique Perez
Novembre 2010