Guerre des talents, gestion des compétences, politique internationale… sont les thèmes ayant le plus préoccupé les directions des ressources humaines en Europe en 2008, d’après le dernier baromètre CSC/Liaisons Sociales (1). Revue de détail.
Recruter et fidéliser. « Attirer et retenir les meilleurs éléments » est , pour 65 % des entreprises interrogées, l’axe prioritaire d’amélioration de la politique RH. Une préoccupation qui traverse donc des frontières devenues étanches, dans un contexte de « guerre des talents ». Conséquence du papy-boom, de la baisse du chômage des cadres sur cette période, de la recherche accrue de compétitivité, ces « carences de compétences » s’observent notamment dans les domaines techniques. La « gestion des compétences clés », problématique liée à la première, arrive en deuxième position, pour un DRH sur deux. D’où le développement des comités d’évolution des carrières et autres plans de succession, destinés à suivre et à permettre l’évolution et la fidélisation des meilleurs éléments.
Réorganiser. Troisième priorité, l’accompagnement des réorganisations (pour 44 % des répondants) correspond également à la montée de la concurrence internationale. Et c'est là que le bât blesse : les DRH ne se sentent pas les mieux positionnés dans l’entreprise pour faire évoluer « l’organisation et la culture », estimant que les managers mieux placés qu’eux.
Un climat social apaisé ? Attentifs à son suivi, les RH estiment que le climat social est plutôt apaisé, « notamment pour les perspectives de carrière (71%) et l’évolution des effectifs (62%) ». Des indicateurs marqués dans le temps et donc à considérer avec prudence, en fonction de l’évolution de la conjoncture.
Succès de l’entretien. Parmi les outils de gestion RH, l’entretien annuel d’évaluation arrive largement en tête, avec 76 % des réponses, devant le « référentiel d’emplois et de compétences », qui correspond à une gestion moins individualisée. De même, les DRH constatent que l’entretien est davantage reconnu par les salariés. Parallèlement, ils mettent en avant le besoin des managers à être aidés : 84 % d’entre eux place le soutien des managers comme première action à mettre en place pour gérer les emplois et les compétences. Un signe que les managers deviennent la clef de voûte de la politique RH.
(1) 6ème édition du baromètre RH, enquête réalisée auprès de 150 directeurs des ressources humaines issus des grandes entreprises européennes, 2008. CSC- Liaisons sociales-Entreprise et Personnel.
Dominique Perez
Novembre 2008