Évolutions législatives, crise, phénomènes de société impactent assez différemment les pratique RH des entreprises selon leur taille. Mais c’est sans conteste la loi Aubry sur la réforme du temps de travail qui est l’un des changements les plus marquants de cette dernière décennie, selon une étude publiée par l’Apec (1).
Les entreprises s’accordent sur un point : l’évolution du droit du travail (et en premier lieu la loi Aubry sur la réforme du temps de travail) est l’un des changements les plus marquants de cette dernière décennie (pour 92 % des DRH). Mais si les moins de 500 salariés la situent en première place du hit-parade, les plus de 500 la situe en deuxième position, après la gestion des compétences. Suivent la loi TEPA (72 %), celle sur la modernisation du marché du travail (65 %) et la réforme de la formation professionnelle de 2004 (56 %). L’accord sur la formation professionnelle semble aussi influencer les pratiques de 43 % d’entre elles.
Le stress en bonne place. Globalement, les sujets de société ont un impact considéré comme « modéré » sur les pratiques RH. La majorité des entreprises (64 %) se disant impactées placent en premier lieu les pénuries et tensions sur le marché du travail. Les problèmes liés aux conditions de travail et au stress arrivent pour toutes en bonne place, 57 % des entreprises toutes tailles confondues estimant qu’ils ont eu un impact sur leurs pratiques GRH. Les grandes semblent avoir, sur ce chapitre, été plus touchées par la question de l’équilibre vie privée/vie familiale (59 % pour les grandes contre 51 % pour les plus petites), la non discrimination (48 % contre 40 %) et la diversité (45 % au lieu de 38 %).
Optimiser la GRH. Parmi leurs problématiques prioritaires : le climat social, en ces temps de crise (mais rappelons que l’enquête porte sur dix années), arrive bien derrière les problèmes d’optimisation de gestion des RH (prioritaires pour 85 %) et de recrutement des collaborateurs (79 %). L’amélioration des relations avec les partenaires sociaux arrive en queue de peloton, 70 % cependant des entreprises les plaçant comme prioritaires.
Compétences internes. Les différences de perception en fonction de la taille sont plus évidentes encore sur les pratiques RH d’aujourd’hui, également interrogées par les auteurs. La crise a ainsi des impacts forts pour 73 % des grandes entreprises, contre 68 % en moyenne, et « seulement » 58 % des moins de 200 salariés.
En tête des problématiques prioritaires de la décennie écoulée pour 91 % des entreprises, toutes tailles confondues, le « renforcement des compétences internes » reste la priorité numéro 1 des années à venir, devant l’optimisation de la gestion des RH et la fidélisation des collaborateur.
(1) Dix ans de pratiques RH…et demain ?, étude réalisée en juin 2009 auprès de 400 DRH d’entreprises française de plus de 50 salariés.
Dominique Perez
Septembre 2009